"Car la violence faite au Liban te submergera" (Hab 2/17)

Actualités de la Communauté

Monseigneur Mounir Khairallah

Amma Brigitte et sœur Laurence

les fondatrices de la Communauté des Orantes- apôtres

Laure Abana- Notre Père, Toula- Diocèse de Batroun

Nord Liban

Aux chers Amis d’Abana-Liban. 12 Décembre 2019

Chers Amis,

Á l’approche de la fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ, je désire vous faire revivre les grands moments de notre Communauté depuis la dernière lettre de juillet 2019.

C’est au cœur d’une messe recueillie célébrée par notre cher évêque, Mgr Mounir Khairallah, et en présence de nombreux Amis, que fut reconnue canoniquement, notre Communauté comme « Institut de vie consacrée de droit diocésain », le 6 août 2019, jour de la fête de la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus Christ.  Mgr Khairallah avait dit dans son homélie :

« …après un long et dur travail de Mère Brigitte et Sœur Laurence, aidées par Père Thomas, Père Pierre Tanios et Mgr Boutros Khalil vicaire général, nous sommes arrivés, avec la grâce du Seigneur, à ce jour qui restera dans les annales de la communauté, où je donne l’approbation canonique et juridique des Constitutions ».

Au cours de la Messe, Mgr Khairallah reçut les vœux perpétuels de Sœur Laurence Delacroix et le renouvellement des vœux perpétuels de Amma Brigitte May.

En réponse, j’avais dit :

« C’est avec vous, cher Évêque, autour de vous, et par vous que notre Communauté fera luire le Christ au Liban, et au-delà. Et votre voix, cher pasteur, vient de si loin ! Comment oublier en effet qu’un certain 13 septembre 1958 vos parents furent cruellement assassinés devant vous enfant, et que, plus tard, vous leur avez consacré votre Sacerdoce, et – je vous cite- ‘ à celui qui les a assassinés en signe de vrai pardon’. Merci Monseigneur Mounir de nous montrer dans votre chair le processus de transformation du pain et du vin dans le Corps et le Sang de Jésus, ‘la pâque’, qui transfigure la violence inhumaine en don d’amour, l’Eucharistie, cet échange mystérieux dans lequel le Fils de Dieu épouse la mort pour nous donner gratuitement part à sa vie divine ».

 

Le 14 septembre, Mgr Mounir est venu célébrer une seconde messe de bénédiction du lieu, et d’ouverture aux vocations. Ainsi deux postulantes sont arrivées le 28 octobre pour six mois d’essai et de découverte des joies et difficultés de la vie consacrée, l’une libanaise Hind, depuis six ans en chemin avec Abana, et Élise, française et bisontine, en chemin depuis deux ans. Une vie, une vocation restent toujours un mystère insaisissable. Merci de prier pour chacune afin que seule la Volonté de Dieu s’accomplisse en leur vie. Je veux déjà remercier certains d’entre vous qui ont senti avec nous, et ont envoyé des dons pour leur accueil, et leur formation.

Le 10 octobre, Mgr Khairallah reçut le texte de la traduction arabe des Constitutions exécuté par le Père Docteur Thomas Mhanna, Père spirituel et accompagnateur de la Communauté. Il nomma alors un comité (composé du Père Mhanna, de Mgr Pierre Tanios, nouveau Vicaire général, et de Dr Sassine Assaf et M. Saïd Baz, membres du Secrétariat général du Synode diocésain et de l’Évêque) et le chargea de revoir, avec lui et en sa présence, la traduction arabe en se référant au texte français. Après quelques huit séances de travail, le travail fut consigné le 10 novembre dans sa version finale française et arabe qui fut envoyée à l’imprimerie pour la publication.

Le 19 novembre, Mgr Mounir étant en France s’est rendu à Saint Nom la Bretèche, invité par M. et Mme Alain et Anne-Marie Guillaume, avec son Frère Dr Samir Khairallah[1], avec Dr Antoine Assaf[2] pour y rencontrer les administrateurs de l’Association des Amis d’Abana- Liban, échanger avec eux les possibilités de développer les liens historiques et culturels qui lient la France et le Liban, et les projets d’Abana, et envisager la relance de l’Association.

En octobre dernier, nous avions signé, Sœur Laurence et moi-même, notre nouveau livre édité en France chez Salvator[3].

Sœur Laurence a sorti son second CD qui entraîne à la prière, « Seigneur, c’est Ta face que je cherche » ; et vous pouvez le commander. Et merci de faire rayonner le livre.

Nombreux d’entre vous se demandent quelle est la situation actuelle du Liban et comment il fait pour accueillir près d’un million et demi de réfugiés ?

Je donne la parole à notre évêque :

« La crise économique, financière, sociale et politique s’est aggravée dernièrement atteignant la ligne rouge dans la vie quotidienne. Ce qui a amené les Libanais, notamment les jeunes, à descendre dans les rues et les places pour réclamer leurs droits de vivre dans la dignité, la chute de la classe politique corrompue et taxée de clientélisme, et la formation d’un nouveau gouvernement formé de personnalités intègres et qualifiées capables de sortir le pays de ses crises et de trouver une solution internationale pour le retour des réfugiés dans leur pays.

L’Église et le gouvernement libanais demandent aux Grandes Puissances internationales et régionales d’aider à mettre fin à la guerre en Syrie et dans les autres pays du Moyen-Orient, et d’adresser l’aide internationale aux réfugiés syriens qui regagnent leur pays pour reconstruire leurs maisons, leurs magasins et leurs écoles au lieu de les aider à rester au Liban qui perdra sa raison d’être et sa mission de pays mosaïque, de pays message et de pays modèle de convivialité.

Quant à nous dans le diocèse de Batroun, nous avons conclu notre synode diocésain (qui a duré six ans) le 2 mars dernier et nous avons entamé la démarche d’application de ses recommandations, notamment en ce qui concerne les activités de la Commission du Service de la Charité et sa proximité des familles libanaises, qui sont toujours plus pauvres et démunies, et syriennes que nous accueillons dans notre diocèse.

Nous restons cependant fermes dans notre espérance d’un lendemain meilleur que nous construirons avec nos jeunes dans la foi en Celui qui nous interpelle incessamment, Notre Seigneur et notre Dieu Jésus Christ, disant : ‘ N’ayez pas peur ! Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps’.

Et nous sommes sûrs de toute façon, en nous tenant auprès des familles pauvres et réfugiées, d’être tout près de la famille de Nazareth réfugiée à Bethléem, car Marie, à l’accouchement de son fils Jésus, devait ‘ l’emmailloter et le déposer dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes’ (Luc 2, 7) »[4].

 

Et si cet Avent, et ce Noël, nous les vivions dans la sobriété, dans la joie et dans le partage avec les plus petits, comme nous le rappelle Sa Sainteté le pape François, en disant : « En naissant dans la crèche, Dieu lui-même commence la seule véritable révolution qui donne espoir et dignité aux non désirés, aux marginalisés : la révolution de l’amour, la révolution de la tendresse. De la crèche, Jésus a proclamé, avec une douce puissance, l’appel à partager avec les plus petits ce chemin vers un monde plus humain et plus fraternel, où personne n’est exclu ni marginalisé »[5]).

Au passage je vous informe que le Vicaire Général de Batroun est aujourd’hui Père Pierre Tanios. Merci de prier avec nous pour son ministère dans le diocèse de Batroun aux côtés de Mgr Khairallah.

Seigneur Jésus, Fils Unique du Père, Tu nous donnes l’exemple. Tu descends des étoiles, tu manques de langes et de feu, ô mon Seigneur. Eh ! Bien les Amis, tous, croyants et non croyants, nous sommes appelés à nous engager pour cet idéal de la sobriété mais nous chrétiens nous devons le faire avec une intention en plus et transcendante. Si le Père céleste a tout fait « par le Christ et pour le Christ », nous aussi nous devons faire ce que nous faisons aujourd’hui par lui et pour lui, c’est-à-dire avec sa grâce et pour sa gloire. Un Noël de Joie et de confiance dans la nuit de ce monde, tel est notre vœu pour vous. Jouir des biens et des dons de Dieu oui, mais en rendant hommage au Donateur.

Grâce à votre soutien et votre aide, notre Communauté au Liban continue à se développer et à persévérer dans sa mission au sein de l’Eglise Maronite dans le diocèse de Batroun, dans le combat de la prière pour un monde plus juste et plus fraternel.

Merci de nous aider par votre amitié, et par votre générosité qui permet à chacune, et chacun de nous d’espérer contre toute espérance.

N’oubliez pas de nous donner votre adresse internet et votre numéro de portable. Et écrivez-nous ; nous répondons toujours. La poste marche au Liban. Et nous sommes heureuses de suivre votre chemin de vie…et de l’accompagner dans la prière.

Je m’unis à la prière de la Vierge Marie pour vous et je vous envoie le Baiser de notre Père parfumé au thym de la montagne libanaise.

Amma Brigitte May pour la Communauté.

www.abanacybermite.com

abanaliban@outlook.fr (Amma Brigitte)

abanalaurence@live.fr (intentions de prière)

Association des Amis d’AbanaLiban

Chez Mr et Mme de Farcy.

60 rue du Vaulanglais.

  1. Bagneux - Saumur – France

Dons défiscalisés à 60%

Libellé à l’ordre de l’Association des Amis d’Abana Liban

Société Générale

30003 00141 00050072538 46

IBAN FR76 3000 3001 4100 0500 7253 846

SOGEFRPP (BIC)

[1] Docteur en Histoire, responsable du département des langues et cultures arabes et syriaques à la BNF (Bibliothèque Nationale de France – Paris).

[2] Antoine Assaf a été otage au Liban du 11 septembre 1983 au 21 octobre 1984. En 1986, il obtient son doctorat ès lettres de la Sorbonne, passée sous la direction de Pierre Boutang. Sa thèse s’intitule « l’Être et la Totalité » : un essai sur la métaphysique comme science de l’être dans sa totalité. Depuis, il enseigne la poétique et la métaphysique, tant à Paris qu’à Florence. Conférencier à l’École navale et à l’École de guerre, il est également capitaine de frégate de réserve.

[3] « Ermites-apôtres au Liban », par Mère Brigitte May et sœur Laurence Delacroix, paru aux éditions Salvator en avril 2019.

[4] Conférence à Montmorency, le 26 novembre 2019.

[5] Cf. Sa lettre apostolique « Signe admirable », du 1er décembre 2019, sur la signification et la valeur de la crèche.




Message de Mgr Khairallah aux prêtres, le 7 décembre 2019
A l’occasion du lancement de la Campagne de Noël

Nous sommes entrés dans le temps de l’Avent depuis un mois, et nous nous approchons de la célébration de la fête de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ homme parmi nous,
Alors que la révolution de notre peuple se poursuit depuis près de deux mois, et les cris de nos jeunes se font toujours entendre réclamant un Etat qui les protège dans le cadre de la loi et leur procure des emplois et une vie digne,
La crise économique et vitale s’aggrave de jour en jour et les derniers suicides survenus en sont la preuve tangible.
Les gens se demandent : Que fait l’Eglise ?
Et nous, Pasteurs de l’Eglise – Evêques, prêtres, religieux et religieuses – nous nous demandons : Que faire ?
L’Eglise est très active dans le domaine social par le moyen de ses institutions sociales, éducatives et hospitalières, et Sa Béatitude le Patriarche Raï les a longuement énumérés dans sa cinquième lettre pastorale sur « le service social de la charité » (25 mars 2017). Mais tout cela n’est pas suffisant face à la gravité de la crise et à l’impuissance de l’Etat qui est tenu par des hommes politiques corrompus qui se sont succédé au pouvoir depuis des décennies.
Nous ne sommes pas ici pour prendre la défense de l’Eglise-Institution, mais nous parlons de l’Eglise-Mère qui partage la douleur de ses enfants, ressent leurs préoccupations et essaie de les aider.
Nous nous demandons : que faire alors ?
Commençons par nous-mêmes et opérons une révolution dans notre style de vie quotidienne et dans notre mission par le témoignage sincère et le ministère désintéressé.
Alors que nous commençons à préparer la crèche de Noël dans nos paroisses, nos institutions et nos maisons, Sa Sainteté le Pape François nous appelle, dans sa lettre apostolique sur la signification et la valeur de la crèche parue le 1er décembre 2019, à méditer l’événement de la naissance de Jésus Fils de Dieu « attirés par l’humilité de Celui qui s’est fait homme pour rencontrer chaque homme. Et nous découvrons qu’Il nous aime jusqu’au point de s’unir à nous, pour que nous aussi nous puissions nous unir à Lui » (N°1).
Il nous appelle à méditer la crèche de Noël qui est « une invitation à sentir et à toucher la pauvreté que le Fils de Dieu a choisie pour lui-même dans son incarnation. Elle est donc, implicitement, un appel à le suivre sur le chemin de l’humilité, de la pauvreté, du dépouillement, qui, de la mangeoire de Bethléem conduit à la croix. C’est un appel à le rencontrer et à le servir avec miséricorde dans les frères et soeurs les plus nécessiteux (cf. Mt 25, 31-46). (N°3).
Jésus Fils de Dieu qui est né dans la crèche de Bethléem « lance la seule véritable révolution qui donne espoir et dignité aux non désirés, aux marginalisés : la révolution de l’amour, la révolution de la tendresse. De la crèche, Jésus a proclamé, avec une douce puissance, l’appel à partager avec les plus petits ce chemin vers un monde plus humain et plus fraternel, où personne n’est exclu ni marginalisé ». (N°6).

Notre action donc et notre témoignage consistent à ce que chacun de nous essaie de se mettre à la place de Jésus dans la crèche pour sentir et toucher les difficultés dans lesquelles s’est trouvé Jésus à la naissance dans des conditions difficiles et déposé dans une mangeoire « parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes » (Luc 2,7).
Et nous comprenons alors ce qu’endurent beaucoup d’enfants et de familles dans notre société d’exclusion et de pauvreté.

Nos paroisses, nos monastères et nos institutions ont déjà lancé la campagne de Noël. Nous avons donc à vivre nous-mêmes la pauvreté et l’abnégation ; et ensuite nous appelons à la solidarité et à la coopération.
Commençons nous-mêmes à offrir les sacrifices nécessaires pour aider ceux qui sont dans le besoin parmi nous, et combien sont-ils nombreux aujourd’hui, pour le bien commun et l’intérêt public, comme nous le demande le Vénérable Patriarche Elias Hoyek dans sa lettre pastorale « L’Amour de la Patrie » (1930). Il dit : « Pendant la guerre mondiale, un grand nombre de citoyens ont sacrifié de biens et d’hommes au service de leur patrie… La sauvegarde d’une nation ne s’accomplit que par le service du bien public. L’indépendance ne se réalise pas par les vaines paroles et le grincement des plumes. Le droit public exige le sacrifice de notre vie si cela est nécessaire au service de la patrie et de la religion. La patrie doit former des hommes pour Dieu et pour le monde. Le patriote authentique est sobre dans sa nourriture, sa boisson, ses vêtements, ses meubles, son bien-être, en vue de favoriser l’intérêt public. Si nous voulons une vraie patrie apprenons, avant tout, l’économie, écartant le luxe et utilisant les produits de notre pays en premier lieu. Et quand le besoin se présente, recourons aux produits étrangers » (N°41).

C’est pourquoi je m’invite moi-même et j’invite les prêtres, les religieux et religieuses à donner l’exemple dans notre style de vie.
J’invite ensuite les prêtres ainsi que les comités des waqfs (Comités de Gestion des Biens d’Eglise) à arrêter tous les projets en cours dans les paroisses, les monastères et les institutions ecclésiastiques et à se concentrer sur le service de la charité, le service des plus nécessiteux.
J’invite les paroisses à donner la priorité dans les campagnes de Noël à la solidarité et à la collaboration dans le but d’être proche de ceux qui ont besoin de charité et de soutien.
L’Eglise nous enseigne qu’elle a le droit d’acquérir, de posséder et d’administrer des biens temporels qui sont nécessaires à sa mission pour les fins qui lui sont propres, surtout les oeuvres de charité, notamment envers les pauvres. (CCEO, can.1007, Droit particulier de l’Eglise maronite, can. 1).
Je vais convoquer la commission diocésaine du Service de la Charité, qui comprend les présidents des associations qui s’occupent du service de la charité, à une réunion extraordinaire et immédiate dans le but d’établir un plan exécutif, en application des recommandations de notre Synode diocésain, qui vise à la coordination des actions sur le terrain et à la collaboration avec les curés des paroisses pour aider le plus grand nombre de nos familles nécessiteuses.
Nous vivrons Noël cette année d’une manière différente et particulière et nous nous associons à Jésus qui naît dans notre peuple et au coeur de notre révolution en provoquant la véritable révolution avec nos jeunes et en leur procurant une espérance nouvelle sur laquelle ils peuvent compter pour reconstruire la patrie et un Etat digne d’eux et à la mesure de leurs aspirations.
Et nous pourrons alors dire d’une seule voix avec les bergers : « Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître, qu’il nous est né aujourd’hui un Sauveur qui est le Christ Seigneur » (Luc 2,15).

SAMEDI 21 SEPTEMBRE À 16H,
LIBRAIRIE ANTOINE
Hazmieh, Mar Takla
Centre urban

AMMA BRIGITTE ET SOEUR LAURENCE SIGNERONT LEUR LIVRE, ET TÉMOIGNERONT :
"UN DUO DU MÊME AMOUR"
Dialogue- débat