"Car la violence faite au Liban te submergera" (Hab 2/17)

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Mère Amma Brigitte May, fondatrice du lieu et de la Communauté Abana,

Sœur Laurence Delacroix co-fondatrice

Lettre aux Amis du 19 septembre 2021

Lundi 13 septembre 2021
Vigile de la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix
44ème anniversaire de mon ordination presbytérale, et 63ème anniversaire du martyr de mes parents.
18h30 : Je poursuis ma tournée dans le diocèse dans le cadre de la neuvaine de prière, de jeûne et de pardon. Je suis à Ijdabra, au sanctuaire de la Sainte Croix, pour célébrer l’eucharistie sur la grande place devant la croix de 64 m. de hauteur qu’on peut atteindre à pied ou par un ascenseur jusqu’aux quatre bras qui servent désormais de chapelle de prière et d’un musée d’art sacré. Un projet inédit conçu et promu par le curé P. Charbel Khachan.
Sont présents à mes côtés P. Charbel Khachan, P. Jean Maroun Moufarrej curé de Ebrine qui est venu à la tête d’une procession de sa paroisse voisine, P. Charles Khachan curé de la paroisse Saint Maroun de Cleaveland Ohio USA avec le sous-diacre Lattouf Lattouf, tous deux en vacance dans leur village natal de Ebrine. Nous célébrons devant un public de près de 900 fidèles – enfants, jeunes et moins jeunes – venus pour la plupart en famille pour prier ; oui prier et se recueillir avec Marie devant la Croix de Jésus.
Ma méditation sur l’évangile de la fête, celui de la gloire et la croix, Jean 12, 20-33 :
« Ce n’est pas pour moi que cette voix a retenti, mais bien pour vous », a dit Jésus, et  il le dit également pour nous aujourd’hui !
« Elle est venue l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance ».
L’heure de gloire du Fils de l’homme est celle de sa mort sur la croix qui précède sa glorification le jour de la résurrection.
Jésus a accepté de souffrir et de mourir pour nous donner la Vie.
Nous sommes ici avec Marie (une grande statue qui domine la place) et la croix. Marie est la seule à rester avec Jean aux pieds de la croix à contempler son fils Jésus mourir pour tous les hommes, alors que les autres – les juifs, les romains, et même les apôtres et les disciples – pensaient que tout était fini avec la mort de Jésus ! Marie est restée debout sous la croix avec sa foi que la résurrection est proche et que l’aube d’une Vie nouvelle va se lever.
Aujourd’hui, deux mille ans après, un bon nombre de nos concitoyens, tombés dans le désespoir, sont tentés de penser que tout est fini, que le Liban va mourir et que nous n’aurons pas d’avenir sur cette terre bénie et sainte. Marie est là avec nous pour nous inciter à garder l’espérance et à croire fermement qu’après notre mort à ce monde, où nous avons tout perdu matériellement - réduits à la pauvreté, à la misère et à l’humiliation - nous ressusciterons avec Jésus qui a vaincu « le prince de ce monde et l’a jeté dehors,  est monté au ciel et attirera à lui tous les hommes ».
C’est là notre espérance, et la mienne que je porte depuis le martyr de mes parents le 13 septembre 1958 (j’avais 5 ans), qui ont été le grain de blé mort avec le Christ pour donner du fruit en abondance ; et j’en suis un fruit depuis mon ordination presbytérale le 13 septembre 1977 sous le signe du pardon et de l’espérance !
J’appelle donc tous les Libanais, et spécialement les jeunes, à résister et à « s’opposer coûte que coûte au prince de ce monde et à ses forces quel que soit le prix des sacrifices. Car c’est une question d’avenir du Liban et par conséquent c’est une question de vie et de mort », comme nous l’avons dit dans notre communiqué du synode des évêques le 1er septembre dernier.

Mardi 14 septembre 2021
Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix
Je clôture ma tournée dans le cadre de la neuvaine de prière, de jeûne et de pardon à Toula, à la Maison de prière dans la Communauté des Orantes-apôtres de la laure Abana-Notre Père.
Cette Communauté a été fondée par Amma Brigitte May en 1997 comme Maison de prière Abana-Notre Père. Elle a été rejointe par Sœur Laurence Delacroix en 2003.  Elle a été reconnue comme communauté maronite de prière et d’adoration par S. Exc. Mgr Paul Emile Saadé, alors évêque de Batroun, le 14 septembre 2005. Et, personnellement, je l’ai canoniquement confirmée le 6 août 2019 comme « un Institut de vie consacrée à la vie semi-érémitique de droit éparchial soumis à l’Ordinaire du lieu », l’évêque maronite de Batroun.
Ces deux sœurs ont tout abandonné en France pour venir au Liban se consacrer à une vie d’ermites caractérisée par la prière, l’adoration de Dieu le Père par le Fils Jésus Christ en communion du Saint-Esprit, et par le travail de la terre.
Elles ont compris la logique de Jésus Christ qui est celle de l’Amour qui se sacrifie pour ceux qu’Il aime et suivi son commandement dans l’évangile du jour : « Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui cesse de s’y attacher en ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jean 12, 25).
Elles ont fait de leur Maison de prière et de leurs ermitages une oasis de paix, de silence et de rencontre avec Dieu pour tous ceux qui le cherchent devenant un centre de rayonnement spirituel pour notre diocèse de Batroun et pour tout le Liban, et même pour tant d’amis venant de France pour la même raison.
A 17h00 : Je célèbre l’eucharistie de la fête, en rite maronite et en arabe, avec le Père Thomas Mouhanna de l’Ordre Libanais Maronite, père accompagnateur de la communauté depuis 2008, et les voisins de Toula. Amma Brigitte et Sœur Laurence se sont mis à apprendre l’arabe, si difficile, et à le pratiquer dans la liturgie en lisant les textes et en chantant les hymnes !
Quelle grâce offerte pour notre diocèse ajoutée aux autres grâces déjà reçues dans les sanctuaires des Saints Maroun et Jean-Maroun à Kfarhay, de Sainte Rafqa à Jrabta, du  Saint Nématallah et du Bienheureux Estéphan à Kfifane, et du Vénérable Patriarche Hoyek à Ebrine. Merci Seigneur, nous sommes comblés ! Et c’est un signe d’espérance pour notre avenir.

Mercredi 15 septembre 2021
Le Secrétariat général des Écoles catholiques - Liban (SGEC-L) tient aujourd’hui son 27ème colloque, avec pour thème « Vers de nouvelles possibilités », au collège Notre-Dame de Louaizé, à Zouk Mosbeh, sous le patronage de Sa Béatitude le Patriarche Cardinal Raï Président de l’APECL (Assemblée des Patriarches et Evêques Catholiques au Liban), et en présence du nouveau ministre de l’Éducation, M. Abbas Halabi (membre actif de la Commission nationale du dialogue islamo-chrétien), représentant le Président de la République.
Dans son allocution introductive, Sa Béatitude a commencé à dresser un tableau assez sombre de la situation de l’école dans les crises multiples que connaît le pays. Il a ensuite rappelé « les trois piliers de l’école capables de produire de nouvelles possibilités : revitaliser la communauté éducative (incluant la direction, l’État, les parents, les instituteurs, les élèves, les aumôniers, les amicales des parents et des anciens et la société), réexpliquer le concept de l’école catholique et renforcer la coordination entre nos écoles ».
Il a invité la Commission épiscopale de l’Éducation catholique au Liban et le Secrétariat général des Écoles catholiques « à mettre sur pied une stratégie commune qui prend en considération le rôle des parents et de la famille, celui de la direction sage et de la gouvernance transparente, le rôle de privilégié de l’instituteur, et celui de la société dans la promotion de l’éducation au Bien commun, le rôle spécial de l’Église à fournir une éducation à tous les peuples et à leur annoncer la voie du salut ».
Il a enfin souligné que « le Liban a urgemment besoin d’une nouvelle éducation à l’amour de la patrie, à l’allégeance à l’État et à la fraternité dans l’humanité et la citoyenneté que Sa Sainteté le Pape François a mis en relief dans le Document de la Fraternité humaine (signé le 4 février 2019 à Abou Dhabi) et dans l’encyclique Fratelli Tutti du 3 octobre 2020 ».
Le nouveau secrétaire général des Écoles catholiques, Père Youssef Nasr, a insisté, de son côté, que « l’État est la solution aux problèmes que rencontrent les Écoles Catholiques, notamment en ce qui concerne les droits des enseignants », critiquant la « classe politique corrompue qui privilégie ses intérêts personnels au détriment de ceux de la nation ». La crise étant « l’occasion idéale pour une autocritique », le père Nasr a annoncé les grandes lignes de la réforme de l’École catholique, qui consistent à « préserver la mission de l’enseignement catholique en renforçant les institutions », à « privilégier l’éducation de l’ensemble des élèves du pays et pas seulement ceux issus des classes aisées », « à accorder aux enseignants leurs droits ».
Le représentant de l’ambassadrice de France, M. Henri de Rohan-Csermak, conseiller culturel adjoint chargé de l’enseignement français, a annoncé, pour sa part, « une aide de Paris à l’enseignement français au Liban de six millions d’euros (qui bénéficiera à 10 000 élèves). Cette aide ne servira pas à perpétuer un système devenu caduc mais à assurer la pérennité d’un projet éducatif rénové qu’il vous appartient de construire.  Un projet qui permettrait d’éduquer de futurs citoyens au service d’une nation et non des individus voués à l’émigration ».
Á son tour, le Nonce apostolique S. Exc. Mgr Joseph Spiteri, a déclaré : « Nous attendons beaucoup de vous Monsieur le ministre de l’Éducation. Mais nous voulons nous assurer que les Écoles catholiques du Liban resteront au service de toute la nation. Nous invitons les institutions catholiques à prendre un nouvel élan vers les périphéries, à se tourner vers tous les habitants du pays du Cèdre, et particulièrement les appauvris, cette nouvelle catégorie sociale née de la crise. Une conversion est donc nécessaire et chaque conversion est le fruit d’une crise ».
Je voudrais rappeler que le Directeur général de l’Œuvre d’Orient (à Paris) avait annoncé en juillet dernier, lors de son séjour au Liban, que son association « accorderait une aide scolaire d’urgence d’environ 3,6 millions d’euros à 335 écoles chrétiennes et six universités catholiques au cours de l’année 2021-2022. Ce montant doit aider à la réintégration de quelque 120 000 enfants qui ont manqué les deux années scolaires 2019-2020 et 2020-2021 ».

Jeudi 16 septembre 2021
Comme prévu, le nouveau gouvernement de M. Nagib Mikati a adopté, en Conseil des ministres tenu cet après-midi au palais de Baabda sous la présidence du président de la République le général Michel Aoun, le texte final de la déclaration ministérielle, optant pour le titre « Ensemble pour le sauvetage ».
Le texte a été rédigé par la commission ministérielle ad hoc nommée lundi et composée de 10 ministres : le vice-Premier ministre Saadé Chami et les ministres de la Justice Henri Khoury, de l’Énergie Walid Fayad, de la Culture Mohammad Mortada, de l’Intérieur Bassam Maoulaoui, de l’Information Georges Cordahi, de l’Éducation Abbas Halabi, du Travail Moustapha Bayram, de l’Agriculture Abbas Hajj Hassan, et d’État pour le Développement administratif Mme Najla Riachi.
La commission a travaillé dur pendant trois jours et a fait adopter sans difficultés son texte à une vitesse record par rapport aux déclarations des gouvernements précédents.
Cette déclaration doit être soumise au vote de confiance du Parlement qui devrait se réunir probablement lundi 20 septembre.
Le marché des changes a ressenti une certaine confiance et le dollar est passé sous la barre des 14.000 LL ! Il était coté en fin d’après-midi à 13.700 LL. 
Entre-temps, le premier tanker iranien portant quelques trente mille tonnes de mazout, arrivé hier et déchargé dans les raffineries de Banias au nord de la Syrie, est acheminé aujourd’hui au Liban, entrant par des passages frontaliers illégaux, donc sans passer par les postes des douanes et de la Sûreté générale, dans la Békaa nord, en camions citernes ; et c’est le Hezbollah qui se charge de les accompagner et de les distribuer. Aucune réaction officielle – ni de la part de la présidence de la République, ni de la part du Premier ministre, ni de la part du ministère de l’Énergie -  n’est enregistrée, alors que les opposants au Hezbollah continuent de protester en dénonçant le Hezbollah comme étant un État dans l’État !
Au même moment, un tanker irakien décharge légalement, passant par le port de Tripoli au nord du Liban, ses 61.000 tonnes de fuel, pour alimenter les centrales électriques de Deyr Amar dans le Nord et de Zahrani dans le Sud. Il faut préciser qu’un accord a été signé il y a un peu plus d’un mois entre les deux ministres libanais et irakiens de l’Énergie au nom des deux gouvernements pour acheminer mensuellement la quantité de 60 mille tonnes de fuel vers le Liban à un prix réduit.
Sur un autre plan, je note que le Parlement européen vient d’adopter une résolution sur le Liban par 575 voix sur 705 ! Ce qui signifie, encore une fois s’il le faut, que les Européens ne laisseront pas tomber le Liban !
Selon le quotidien l’Orient-Le Jour qui a analysé la résolution, « le texte impute à la classe politique la responsabilité de l’effondrement du Liban à travers son refus du plan de sauvetage, demande au nouveau gouvernement d’effectuer des réformes structurelles au plus vite et appelle à la création d’un tribunal spécial pour traiter les affaires de corruption. Le terme corruption est employé à sept reprises dans la résolution, signe que le Parlement considère la lutte contre la corruption comme le cœur du sujet.
Le texte de la résolution appelle en outre l’UE à envoyer une mission d’observation au Liban pour contrôler le bon déroulement des élections législatives de 2022, considérées comme décisives pour l’avenir du pays. La résolution reprend aussi l’idée défendue par le député français Gwendal Rouillard de la mise en place d’une task force sous le contrôle des Nations unies afin de permettre l’acheminement de denrées alimentaires, hydrocarbures et médicaments en vue de protéger les droits les plus basiques des Libanais. Ce mécanisme devrait aussi permettre de protéger les organisations humanitaires de la corruption et trouver les moyens d’éviter d’éventuels détournements de fonds.
La résolution mentionne nommément le Hezbollah et met en avant sa responsabilité particulière, ainsi que celle d’autres parties, dans la répression du mouvement populaire libanais de 2019 et dans la crise politique et économique du Liban ».

Vendredi 17 septembre 2021
Tout le monde attendait la publication par le ministère de l’Énergie du barème des prix de l’essence pour savoir si les files d’attente devant les stations-service vont disparaître. Or, à 9h00, on découvre que le prix de l’essence augmente de 38% !!!
Le bidon de vingt litres d’essence 98 octanes, quasi introuvable depuis des mois, passe de 130.500 LL à 180.000 LL. Et celui de 95 octanes passe de 126.400 LL à 174.300 LL. Une augmentation de presque 50.000 LL. ! Et l’on nous fait savoir que c’est la dernière étape avant la levée totale des subventions.
Immédiatement après, le dollar a marqué une hausse considérable sur le marché des changes; il est passé de 13.700 LL à 15.700 LL avant de retomber en fin d’après-midi à 15.300 LL !!! Quel sale jeu que se livrent les mafieux et les bureaux de change aux dépens des citoyens ?!!

Samedi 18 septembre 2021
Deux événements exceptionnels ont marqué la journée :
1)Les Services de renseignement des FSI (Forces de sécurité Intérieure sous le commandement du ministre de l’Intérieur) ont perquisitionné un entrepôt abritant de l’engrais hautement volatile et saisi 20 tonnes de nitrate d’ammonium, la même substance chimique qui a été à l’origine de la double explosion criminelle au port de Beyrouth le 4 août 2020, stockées à l’intérieur d’un camion à côté de Baalbek, dans la vallée de la Békaa totalement contrôlée par le Hezbollah.
Le ministre de l’Intérieur, le général Bassam Maoulaoui (sunnite proche du Premier ministre Mikati) s’est rendu dans la Békaa et a demandé aux forces de sécurité de « transporter ces substances dans un lieu sûr, à l’abri du soleil et de la chaleur pour éviter une catastrophe ».
De toute façon, les services de renseignement internationaux confirment une relation directe entre le Hezbollah et le nitrate d’ammonium depuis au moins 1997 !
2) Les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni viennent d’annoncer un partenariat stratégique pour contrer la Chine, AUKUS, incluant la fourniture de sous-marins américains à propulsion nucléaire à Canberra.
Le Premier ministre australien s’est excusé auprès de la France de devoir annuler le contrat signé en 2016 de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros) pour la fourniture de 12 sous-marins à propulsion diesel à l’Australie. La France s’est sentie abandonnée et trahie par l’Australie et les États-Unis. Le ministre français des Affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, a rappelé à Paris les deux ambassadeurs à  Canberra et à Washington pour des consultations; et a déclaré : « L’abandon du projet de sous-marins français et l’annonce d’un nouveau partenariat constituent des comportements inacceptables entre alliés et partenaires, dont les conséquences touchent à la conception même que nous nous faisons de nos alliances, de nos partenariats et de l’importance de l’Indopacifique pour l’Europe ».
Le jeu des intérêts économiques est risqué et dangereux même entre les Grandes Puissances ! La France en a fait les frais !
Et que compte le Liban dans le jeu des Grands quand les Grands eux-mêmes en font les frais ?!! Nos responsables politiques, qui se croient grands et importants, ont à tirer la leçon et à considérer que le Liban ne compte pas dans l’échiquier des intérêts internationaux ! Il leur est demandé plus d’humilité et de sagesse !

Dimanche 19 septembre 2021
1er dimanche après la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix
11h00 : Sa Béatitude le Patriarche cardinal Béchara Raï préside la Messe à l’intention des « martyrs de la Résistance libanaise » à Mayfouq, dans la montagne de Jbayl, à Notre-Dame d’Ilige, sanctuaire marial privilégié pour les Maronites et siège patriarcal entre 1120 et 1440. Je suis avec S. Exc. Mgr Michel Aoun, évêque de Jbayl, à ses côtés pour la concélébration en présence d’une foule nombreuse de fidèles.
Dans son homélie, Sa Béatitude est parti de l’évangile du jour (Mc. 10, 35-45) pour demander comme Jésus : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? ». Et de répondre : « Les martyrs de la Résistance libanaise, dont nous célébrons la mémoire, ont bu la coupe de la patrie et ont été baptisé du baptême de la patrie par leur martyre pour sa défense, sa dignité, son indépendance et sa pérennité. Nous implorons pour eux la couronne de la gloire dans le ciel ». «  Les martyrs continuent de vivre si nous poursuivons la lutte nationale pour la souveraineté, l’indépendance et la liberté ». « Nous souhaitons que le nouveau gouvernement réussisse à relever les nombreux défis qui l’attendent pour relever le pays et redresser l’État dans son régime démocratique libéral ».
J’ai quitté ensuite Mayfouq pour rejoindre les jeunes de mon diocèse qui passent une journée spirituelle organisée par la Commission diocésaine de la Jeunesse. Ils sont partis en fin de matinée à pied de Tannourine, dans la montagne, avec des pauses de prière et de méditation, jusqu’à Beit Chélala où j’ai présidé l’eucharistie avec Mgr Pierre Tanios vicaire général, Père Roger Yazbeck leur aumônier, Père Johnny Tannous curé de Beit Chélala, Père Yaacoub Hanna curé de Douma et Tannourine Tahta et Père Edgard Harb vicaire à Tannourine. La journée est conclue par la fête de l’espérance !  Oui, l’espérance ! Nos jeunes sont en effet notre espérance. Ils ont bien enregistré mon appel à ne pas se résigner mais à résister et à garder la foi en Jésus Christ notre Sauveur présent avec nous jusqu’à la fin des temps !

+ Père Mounir Khairallah
Evêque de Batroun