Qui sommes-nous?

Parole à l’évêque de Batroun :

(source : préface du livre : « La faim du monde écrit par mère Brigitte) – rassemblement à son image)

C’est en rendant gloire et louange au Seigneur que je rédige la préface de ce livre qui révèle l’identité de son auteur, Brigitte May, mais qui m’investit personnellement dans une aventure qui nous est commune.

L’histoire qui me lie à Mère Brigitte May remonte en effet à 1984, à ce jour du 26 février où Brigitte reçut la révélation de notre Seigneur Jésus-Christ dans sa cave-studio d’artiste à Paris, rue Lhomond, non loin de l’église Notre-Dame du Liban et de l’église Saint-Médard où j’étais en paroisse pour terminer mes études à l’Institut Catholique et à la Sorbonne. Elle cherchait l’Amour absolu du père ; c’est alors que Jésus se révéla à elle en lui disant : « Brigitte tu n’étais plus là, mais moi j’étais là ; tu ne Me quitteras plus ; tu seras ermite ». Brigitte découvre que Jésus l’aime personnellement, comme elle est : « il y eut au fond de moi une révolution complète ». Elle ressentit l’immense « tendresse guérissante de Dieu le Père » qui l’appelait à « l’Amour infini par son fils Jésus-Christ » et la guérit de sa blessure d’enfance. Elle ne savait pas, à l’époque, qu’elle allait être amenée à venir au Liban pour vivre sa vocation d’ermite à l’exemple de François de Chasteuil, le fameux « ermite du Mont-Liban » qui mourut dans la Vallée Sainte de Qadisha en 1644. Elle ne savait pas, et moi non plus, que le Seigneur nous réservait un avenir commun au service du diocèse de Batroun.J’ai connu Brigitte grâce à Sœur Jeanne Claude Chamoun (Sœur de la Congrégation de la Sainte Famille Maronite) qui préparait un DEA en pédagogie à la Sorbonne, et qui m’avait demandé d’être membre du jury de sa soutenance ; elle fut l’instrument et le premier témoin de la conversion de Brigitte.

Brigitte fut invitée par Sœur Chamoun à venir au Liban en juillet 1986 pour y découvrir la jeunesse blessée de la guerre, et, alors qu’elle visitait la Vallée Sainte, dans la grotte de Saint Antoine le Grand, elle entend une voix : « Brigitte, c’est sur cette Terre que tu seras ermite » ; ce sera le père Boulos Najem (Pères Missionnaires Libanais) qui confirmera cet appel, et – contre sa volonté – Brigitte obéira et quittera Paris pour venir servir la jeunesse libanaise au lycée Saint Elie de Batroun à travers l’association « Mission des Enfants du Cèdre » qu’elle fonda à Paris, à Saint Maurice en Suisse puis à Beyrouth (dissoute en 1998). Son premier père spirituel sera l’Abbé Général feu Emmanuel Khoury (Ordre Libanais Maronite).

Le 13 juillet 1986 Mgr Paul Emile Saadé alors ordonné évêque de Batroun, m’appela auprès de lui pour être son secrétaire puis son Vicaire Général. J’étais déjà rentré au Liban, à la fin de l’année 1984, au Séminaire Patriarcal Maronite de Ghazir. J’ai alors retrouvé Brigitte sur ce terrain de Batroun, où je devins curé de la Cathédrale à partir d’octobre 1991. Brigitte fut guidée par le Révérend père Jésuite feu Augustin Dupré La Tour dans sa vie missionnaire mais elle sentait toujours l’appel à être ermite. Aussi entreprit-elle un cheminement spirituel guidé par l’Abbé Général feu Jean Slim (Moines Antonins Maronites) et elle prononça les trois vœux évangéliques dans les mains du Vicaire apostolique au Liban qui lui reconnut le titre d’ermite. Mais, au regard des demandes qui lui étaient adressées par des jeunes filles de France, d’Allemagne et du Liban pour la suivre dans ce chemin, dans sa cave – ermitage à Toula, une localité tranquille du diocèse de Batroun, elle fonda la « Communauté Abana (Notre Père) ». Et après de multiples péripéties, elle est venue me parler de son désir de « devenir maronite et d’introduire sa Communauté dans l’une des Eglises orientales de la Maison d’Antioche, de tradition syriaque ». Je lui ai alors proposé de parler à Mgr Paul Emile Saadé et de prendre sa bénédiction pour intégrer sa Communauté au sein du diocèse maronite de Batroun, et sous l’autorité de son Evêque. Ce qui fut aussitôt fait. Mgr Paul Emile Saadé reconnut la nouvelle Institution le 14 septembre 2005, fête de l’exaltation de la Sainte Croix. Il demanda à Sœur Brigitte de « renoncer à son titre d’ermite pour devenir fondatrice », et lui reconnut le statut de consacrée. Il me nomma père accompagnateur puis désigna le père Thomas Mouhanna (Ordre Libanais Maronite) père spirituel ainsi que sœur Laurence Delacroix, co-fondatrice.

Nous avons cheminé tous ensemble plusieurs années en travaillant à l’élaboration des Constitutions de la nouvelle Communauté, dont le texte fondateur propose une spiritualité christocentrique et cénobitique s’inspirant « de l’Ecriture Sainte, du Magistère de l’Eglise, du Concile Vatican II, des Pères et Mères du désert, et des moines des Eglises syriaques d’Antioche, très spécialement Saint Charbel et Sainte Rafqa ». Il met en valeur son charisme qui se caractérise par « la Solitude, l’Adoration, le Silence, l’Abandon et la Conversion », à l’image de l’école de la mystique syro-orientale maronite. Les orantes ne sont pas appelées à fuir le monde – elles accueillent pour des retraites spirituelles ou des rencontres – mais à greffer leur vie sur Jésus-Christ, Fils du Dieu le Père, qui nous donna le Salut par Sa mort sur la Croix et sa Résurrection.

Le 17 avril 2011, au cours de la Messe du Dimanche des Rameaux, Mgr Paul Emile Saadé officialise la reconnaissance canonique « ad experimetum pour trois ans » de la « Communauté des Orantes de la Laure Abana ». Il nous charge de poursuivre notre démarche afin de « fonder une Communauté ecclésiale de droit éparchial, prêtant l’oreille au Souffle de l’Esprit-Saint en vue de devenir en Jésus-Christ adoration perpétuelle du Père, offrande de tout l’être qui intercède pour le Liban et pour le monde ».

Le 25 février 2012, je suis ordonné évêque de Batroun pour succéder à Mgr Paul Emile Saadé ; et, le lendemain 26, je fis mon entrée officielle dans le diocèse en ayant une pensée toute particulière pour la Communauté des Orantes de la Laure Abana, et pour sa fondatrice, 28 ans jour pour jour après sa conversion!

J’ai donc promis de finir la rédaction des Constitutions de manière à être conformes au Code de Droit Canonique des Eglises Orientales (CCEO), de reconnaître la Communauté de droit éparchial, et de l’insérer dans le concert des Congrégations qui sont à l’œuvre dans le diocèse.

Le 26 octobre 2013, Mère Brigitte était invitée, en tant que membre, à l’ouverture du Synode diocésain que j’ai présidée en présence des cent quatre-vingt-six membres, clercs et laïcs, qui chemineront ensemble pour deux ans dans le but de se renouveler et de se sanctifier par le Christ à la suite de Saint Maroun, de Saint Jean-Maroun et de tous nos saints.

Puisse le seigneur guider nos pas sur les chemins de la Paix, pour que nous accomplissions sa volonté au milieu de nos frères et sœurs, chacun selon le charisme qui lui a été donné par l’Esprit-Saint.

LE 26 FÉVRIER 2014
MOUNIR KHAIRALLAH - EVÊQUE DE BATROUN

La mère fondatrice : Brigitte May

Le 26 février 1984 la fondatrice Rencontre Jésus- Christ dans sa cave d’artiste, 35 rue Lhomond, à Paris (5e)
Il mettra sa main sur sa tête et lui dira:
"Brigitte, tu n’étais plus là, mais moi j’étais là. Tu ne me quitteras plus, tu seras ermite"
33 ans après, la Parole de Jésus en sa nuit de feu s’est faite chair après un long chemin de foi!

La sœur cofondatrice : Laurence Delacroix

P. Thomas Mouhanna (OLM)

Ermites apôtres

Parole au père spirituel de la Communauté des ermites apôtres:
(préface de la trilogie « Rendez-vous au puits des Amants…)

« Voici ce petit texte que j’ai écrit moi Père Thomas Mouhanna(olm), à la demande de ma chère mère amma Brigitte, afin qu’il devienne- avec ma photo en tête de la première page, élevant la Sainte Hostie- la préface générale de la Trilogie qu’Amma a écrite et qu’elle est en train d’imprimer et publier maintenant.

Qu’ai-je à dire de cela, qu’ai-je à dire, surtout à vous, chère lectrice et cher lecteur, au sujet de cette Trilogie?

Permettez- moi en premier d’attirer votre attention sur le titre de la Trilogie : « Rendez- vous au Puits des Amants ». Et ensuite sur les titres respectifs des trois livrets, qui sont les suivants : VIII, « la pierre tri- angulaire du Puits », IX, « Voie des Amants du Verbe », X, « Le Puits des Amants ».

Deuxièmement, que dire du contenu ? Puis-je en dégager un certain nombre d’idées qui le résumeraient ? J’ai pensé d’abord à cela, comme on le fait ordinairement pour écrire une préface, mais cela m’est apparu irréalisable ! Car la lecture de ces réflexions m’a enrichi, non en idées communicables, mais en impressions nouvelles, originales et polyvalentes, me conduisant dans un monde différent du nôtre, et m’a permis aussi de voir de façon concomitante le surnaturel dans le naturel, le Divin dans l’humain, l’Invisible dans le visible…

Tout cela signifie que ces textes relèvent d’une expérience spirituelle profonde ce qui me pousse à vous inviter à les lire et relire afin d’en tirer vous aussi des impressions inédites dans nos expériences ordinaires les plus sérieuses.

Troisièmement, cet état de fait curieux et insolite produit à la lecture des trois Livrets m’a fait réfléchir à l’appellation définitivement choisie et adoptée par Amma Brigitte et sœur Laurence Delacroix : « Ermite apôtre ».

J’ai senti que cette appellation rendait plus accessibles les « impressions » ci- dessus décrites, aussi essayons- donc de nous y arrêter et d’en dégager l’essentiel :

a- Une interrogation sérieuse s’en dégage : une telle appellation ne révèle-t-elle pas un certain paradoxe entre la conception classique et canonique de la vie religieuse active, et celle contemplative ? Là n’est pas ma préoccupation ici, car ce que je veux simplement discerner dans cette appellation nouvelle, c’est le facteur réel et actif qui caractériserait les dits- écrits suscitant de telles impressions.

b- Ce facteur n’est- il pas d’une part, la décision consciente et libre de répondre à l’appel du Christ et de Le suivre radicalement, accomplie par les deux fondatrices devenues ainsi ermites?
Et ce même facteur n’est- il pas d’autre part, la conséquence directe de leur décision claire, et de leur état d’ermites dans le prolongement de la Tradition syriaque « une solitude de communion », menant une vie semi- érémitique à la Laure abana- notre Père à la spiritualité Christocentrique qui fait de chacune d’elles « une apôtre » par le témoignage de leur vie de disciples de Jésus : une vie simple dans l’accueil fraternel de toute personne, et par le conseil spirituel sincère et authentique qu’elles donnent à ceux qui viennent à la Laure et le leur demandent?

c- Ce lien entre érémitisme et apostolat trouve son fondement dans l’amour de l’ermite pour le Christ, que l’on peut analogiquement comparer à l’Amour du Christ pour Son Père, permettant ainsi au Christ de considérer l’ermite comme « son envoyée ».
Je dirai pour conclure qu’en imitation de Jésus- Christ- premier Ermite Apôtre Envoyé du Père à notre monde- les sœurs appelées par Lui directement à la Laure abana- notre Père, permettent ainsi à Jésus- Christ, notre Sauveur, de les considérer chacune comme « son envoyée » pour témoigner comme Lui et avec Lui du Père à notre humanité si blessée!