Nos Constitutions

Droit particulier
Communauté des Ermites apôtres[1]

Laure Abana- Notre Père


ChapitreTitreArticleCanon
-I- Identité et fin-1- Canons généraux11-12
213-14
315-16
417-18
519
-II- Forme de vie et activité apostolique-2- Forme de vie620-21
722-24
825
926
1027-28
1129-31
1232-36
1337-40
1441
-3- Présence active dans l’Église et dans le monde.1542-44
1645-48
1749-51
1853-53
1954-55
2056
2157
2258-60
-III- Vie de prière et message de joie et d’espérance-4- Vie de prière23-23bis61-64
2465-67
2568
2669-72
-5- Message de joie et d’espérance 73-75
2776-79
  
-IV- Formation et consécration des ermites apôtres-6- Formation des ermites apôtres2880-82
2983
3084-92
-7- Consécration des ermites apôtres3193-97
3298-104
-V- L’anachorète 33105-114
-VI- L’oblat de la Laure Abana_Notre Père-son statut, son engagement, ses devoirs-8- Statut de l’oblat34115-116
-9- Engagement de l’oblat35117-119
-10- Devoirs de l’oblat36120-124
-VII-Coordination 37125-127
38128-133
39134-140
-VIII- Le cénacle de la Laure Abana-Notre Père-Liban, sa genèse et ses convictions fondamentales, sa finalité, ses moyens d’action.-11- Genèse du Cénacle, ses convictions fondamentales 141-143
-12- Finalité du Cénacle 144-147
-13- Moyens d’action 148-152

Introduction Générale

" Dès les origines de l’Église, il y eut des hommes et des femmes qui voulurent, par la pratique des conseils évangéliques, suivre plus librement le Christ et l’imiter plus fidèlement et qui, chacun à sa manière, menèrent une Vie consacrée à Dieu. Beaucoup parmi eux, sous l’impulsion de l’Esprit-Saint, vécurent dans la solitude, ou bien fondèrent des familles religieuses que l’Église accueillit volontiers et approuva de son autorité. A partir de là se développa providentiellement une admirable variété de sociétés religieuses..."

Vatican II. décret "perfectae caritatis" sur le renouveau de la Vie religieuse.(50 ans)

" Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu."Isaïe 35-1

En 1997, le Pape Jean Paul II, dans l’Exhortation Apostolique « Nouvelle espérance pour le Liban » ne cache pas ses inquiétudes à l’égard de la situation des consacrés au Liban. Il invite les religieux et les religieuses qui sont au Liban à « analyser, en vérité, leurs modes de vie et leurs façons de témoigner de l’Évangile et d’accomplir les missions qui leur sont confiées. Ils s’assureront ainsi qu’ils restent fidèles aux intuitions d’origine de leurs fondateurs et qu’ils demeurent pour les hommes de leur temps, des témoins du Christ et des exemples de vie chrétienne, par la vie communautaire et par la pratique des conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Le Seigneur nous ordonne, en effet, de soigner ceux qui chancellent et de viser d’abord le profit du prochain avant ce qui nous plaît (Cf. Tt 2, 12). D’autre part, leur mission exige une grande fidélité à l’idéal de toute vie consacrée et à l’orientation propre des fondateurs, ainsi qu’un esprit créatif pour répondre aux attentes des hommes et pour faire face aux besoins spécifiques de l’Eglise ». (NEL 3, 52)

L’arbre de vie[2] ou les Constitutions de la Communauté des ermites apôtres de la Laure Abana- Notre Père prend chair d’une part dans l’expérience spirituelle de la fondatrice, Brigitte May, et d’autre part dans celle de Laurence Delacroix, la première disciple, venue en 2002 pour vivre la vie érémitique de sœur Brigitte; cette fondation personnelle commença à s’ériger en Institution canonique[3] par l’acte de reconnaissance « ad experimentum »[4] d’une Maison de Prière, le 14 septembre 2005, puis par le second acte de reconnaissance canonique de la Communauté des orantes de la Laure Abana, le 17 avril 2011.

1 - L’expérience de Brigitte May, fondatrice

En 1984, à Paris, au cours d’une nuit de feu, Dieu illumine en Christ, la fondatrice : « Brigitte tu n’étais plus là, moi j’étais là, tu ne me quitteras plus, tu seras ermite ». Elle découvre alors l’immense tendresse guérissante du Père qui l’appelle à l’Amour infini, donc à la Réconciliation[5] et à la Communion universelles.

Elle fut conduite au Liban en juillet 1986 par des contacts fortuits puis prolongés avec des religieux et religieuses orientaux. Lors de ce premier voyage, Brigitte se rendra au cœur de la montagne libanaise, tout au fond de la Vallée Sainte, la Bethléem du Liban, embaumée de vertu et d’héroïsme. Alors en visite de l’une de ces grottes, celle de Saint Antoine le Grand, Brigitte crut entendre- pour la seconde[6].fois- la voix du Seigneur : « Brigitte, c’est sur cette terre que tu seras ermite ». Mais elle ne désirait pas rester au Liban car elle avait établi en France, avec ses élèves du lycée Saint Thomas d’Aquin à Paris rue de Grenelle, une mission auprès des jeunes paumés sur les quais de Notre Dame de Paris. Cependant comme cet appel demeurait en son esprit, décida-t-elle d’aller rencontrer le père Boulos Najem (ml) qu’elle connaissait bien. Aussitôt arrivée à son bureau au Collège des apôtres, le père la voyant, laisse tomber son journal, se lève, et lui pose la main sur la tête en lui disant : « Brigitte, toi ici ? J’espère que tu seras ermite sur cette terre ». La même parole entendue dans la grotte ! Á ce moment-là, Brigitte s’étonne et raconte son expérience dans la grotte, et celui-ci, stupéfait, confirmera immédiatement l’appel du Seigneur. Aussitôt dit aussitôt fait, en septembre de la même année, Brigitte démissionne de son poste de professeur à Paris pour rejoindre le Liban.

Son père spirituel Emmanuel Khoury (olm), avec lequel elle a passé une semaine de prière et de réflexion au monastère de Sainte Rafqa lui expliqua que pour être ermite, elle devrait vivre près d’un couvent, avec des religieuses, au moins huit à dix ans ; aussi, a- t- elle cherché à mettre en œuvre cette « lumière » dans une prière de plus en plus profonde et dans son apostolat d’enseignante chez les religieuses de la sainte famille maronite, et par un service des pauvres et des blessés de la vie pendant les douloureux évènements qu’a connus le Liban (1986-1993)[7].

En juillet 1993, elle commence à embrasser la vie érémitique dans une petite cave en pierre à Toula-Batroun, avec la permission de l’évêque du diocèse latin de Beyrouth ; puis elle prononce ses vœux privés d’ermite le 26 février 1996 selon le canon 603.1 du droit canonique latin romain[8] au cours d’une messe célébrée à Toula dans les mains du Révérend père Augustin Dupré La Tour (s. j) -délégué par monseigneur Paul Bassim- en présence de feu monseigneur Charles Molette[9]. Ce fut alors une expérience de maturation souvent semée de rudes et incompréhensibles épreuves, chemin qui la conduira à prononcer ses trois vœux publics selon le canon 603.2 du droit canonique latin romain[10]  le 2 février 2001, devant l’évêque latin, monseigneur Paul Dahdah.

Ses vœux privés et sa consécration publique ont été considérés par elle et par chacun des trois évêques et le père ci-haut nommé, comme des vœux dans le sens classique du mot et faisant d’elle une personne consacrée à la vie érémitique. C’est ce qui fait qu’à partir de l’année 2002 des personnes commencent à se présenter à elle, lui confiant leur sentiment d’être appelées à une vie semblable à la sienne et elle ne pouvait pas leur refuser cette aide spirituelle ; elles partagent ainsi progressivement sa vie de prière. Cette évolution non recherchée l’amène à prendre contact avec monseigneur Paul Emile Saadé auquel elle demande conseil et discernement, suite à l’incompréhension de monseigneur Paul Dahdah: « Sœur Brigitte, je ne vous laisserai pas partir de mon diocèse, vous êtes une grâce de prière pour le Liban et au-delà, vous pouvez faire revenir vos filles exilées sous ma responsabilité ».

Ce dialogue débouchera ainsi, avec l’autorisation bienveillante de monseigneur Paul Dahdah, sur son appartenance à l’Église maronite ce qui introduit la Communauté Abana-Notre Père dans une des Églises orientales de la Maison d’Antioche, de tradition syriaque, au sein du diocèse maronite de Batroun, sous l’autorité de son évêque, monseigneur Paul Emile Saadé. Elle a alors demandé à Toufic Ghorayeb[11] de remettre le titre de propriété de la « cave de Toula »[12] à monseigneur Mounir Khairallah- le Vicaire- nommé par lui « père accompagnateur pour la bonne marche de la Maison ».

2 - L’expérience de Laurence Delacroix, co-fondatrice

En 1994, Laurence assiste à l’un des témoignages de vie de la fondatrice à Angers, et elle se découvre alors aimée personnellement par le Christ qui lui révèlera l’amour du Père perdu qu’elle aussi cherchait.

Laurence retourna à l’église où, progressivement, le Christ-Offrande la guérit intérieurement ; elle chercha le plan de Dieu dans sa vie : elle reçut en locution l’appel à venir au Liban en 2002 pour prier auprès de, - dira-t-elle-, « cette petite ermite sœur Brigitte », après six ans de silence entre elles. Feu père Jean Slim- officiellement nommé par monseigneur Paul Dahdah aux côtés de sœur Brigitte, et témoin de sa consécration- accepta qu’elle vienne en retraite de discernement quinze jours (le 17avril 2002), puis une deuxième retraite de trois semaines (décembre 2002), puis six mois (le 23 juillet 2003). Au sein d’une messe célébrée par feu père Jean Slim et par père Augustin Dupré La Tour le 25 juillet 2003, Laurence fera l’offrande privée de tout son être en tant que regardante de la vie érémitique[13]; le 26 février 2004, Laurence prendra l’habit, et tous ensemble, ils ont reçu son engagement privé comme ermite-apprentie[14] également au cœur d’une messe célébrée par feu père Jean Slim, suivie de quatre exils douloureux[15] qui confirmèrent Laurence comme co-fondatrice de la Communauté.

Durant son séjour à la Maison de prière Abana, Laurence suivit un règlement strict, aussi exigeant que le règlement classique requis pour le noviciat ; elle eut, sous la conduite[16] de l’ermite sœur Brigitte, et par les directives du feu père Jean Slim, tout ce qui est nécessaire pour se consacrer à la vie érémitique, tout cela avec le consentement de l’évêque, monseigneur Paul Émile Saadé.

3 - L’expérience d’autres aspirantes:   Margot Wagner, Elisabeth Crampon, Ingrid Ressi

Père Jean Slim encouragea l’accueil de ces jeunes femmes[17] désirant vivre la vie d’ermite de sœur Brigitte. Puis l’êvêque nomma officiellement en juin 2008 le père Thomas Mouhanna auprès de nous après la disparition subite de père Jean Slim. Après un certain temps d’observation, père Thomas m’a dit en présence de sœur Laurence Delacroix : « C’est très sérieux ce qui se passe ici, c’est eschatologique, tu dois écrire les Constitutions. Peut-être que vous serez souvent incomprises mais continuez avec courage, et demeurez à Toula, Dieu lui- même accomplira votre effort persévérant ». C’est en tremblant que j’ai obéi me sentant si pauvre. Après avoir prié longuement, nous décidons de fonder une Institution semi- érémitique[18] répondant à la volonté de Dieu, telle manifestée à moi, d’une façon directe, et à Laurence, d’une façon indirecte.

Chapitre I : identité et fin

Titre 1

Canons généraux

ARTICLE 1

Canon 1 -

Le Charisme de la Communauté des ermites apôtres- « l’adoration du Père dans la cellule intérieure » - s’explique :

  • 1- par un surgissement inattendu de l’Esprit Saint accueilli dans l’expérience mystique et personnelle de la fondatrice. mère Brigitte May, et vécu par elle (1993- 2003) dans la solitude érémitique d’une « cave-ermitage »[19] à Toula dans le Diocèse de Batroun au Liban nord.
  • 2- sœur Brigitte May fut confirmée dans son charisme érémitique par le feu père Boulos Najem (ml), et dans sa voie spirituelle par trois Révérends : feu père Augustin Dupré La Tour (s. j) pour la partie occidentale ; feu père Emmanuel Khoury (olm), et le feu abbé Jean Slim (oam) entre 1990 et 2008 pour la partie érémitique orientale.
  • 3- sœur Brigitte l’ermite acceptera de devenir mère fondatrice de la Laure Abana- Notre Père grâce à la confiance stable et profonde de l’évêque du diocèse de Batroun, monseigneur Paul Emile Saadé - père fondateur premier de la Communauté - en synergie avec monseigneur Mounir Khairallah, et le discernement pointu de pèreThomas Mouhanna (olm) qui confirmera l’érémitisme syriaque comme Charisme de la Communauté des ermites apôtres.
  • 4- Après deux retraites spirituelles, Laurence décida de venir vivre la vie d’ermite de sœur Brigitte, et c’est poussée par l’Esprit Saint qu’elle embrassera cette vie, et y fut confirmée par le feu père Jean Slim (oam)le 26 février 2004 en lui passant l’habit religieux, puis par monseigneur Paul Emile Saadé qui la nomma co-fondatrice de la Laure Abana- Notre Père en recevant ses trois vœux évangéliques publiquement, le17 avril 2011.

Canon 2 –

La Communauté des ermites apôtres est un ordre semi- érémitique de droit éparchial soumis immédiatement à l’ordinaire du lieu (évêque maronite de Batroun).       

  • 1. Ses normes visent à fondre en un tout harmonieux les éléments juridiques et spirituels, en accordant la primauté à l’amour absolu de Dieu le Père en Jésus- Christ, adoré dans le cœur intérieur.
  • 2. Elles visent également à protéger son identité, sa spiritualité et sa mission dans l’Église, tout en respectant le droit de l’évêque maronite de Batroun de donner son approbation en qualité d’autorité ecclésiastique externe compétente.

Canon 3-

 L’autorité dans la Communauté des ermites apôtres est présentée comme un service, telle qu’elle est dans l’Église où « l’autorité s’exerce et se montre dans la capacité de service »[20].

Canon 4-

Les ermites apôtres sont appelées par Dieu à jouir d’un don spécial dans la vie de l’Église et, chacune a sa manière, à aider celle-ci dans sa mission salvifique.

  • 1. Leur statut est constitué par la Profession des Conseils évangéliques dans les mains de l’évêque, et est lié de près à sa vie et à sa sainteté .
  • 2. La Communauté des ermites apôtres est un mode stable de vie semi érémitique; elles renoncent au monde en se dévouant totalement à l’union au Cœur de Jésus pour l’édification de l’Église et le Salut du monde comme signe annonciateur de la Gloire céleste.

Canon 5-

La Communauté des ermites apôtres s’inscrit parmi les nombreuses communautés ecclésiales avec des charismes variés, et reconnaît comme mère, inspiratrice, fondatrice et modèle, mère Brigitte May.

Canon 6-

 Dans la Communauté des ermites apôtres, la fraternité a une place particulière.

  • 1- Elle est formée par l’union organique des ermites apôtres dont les membres, prêtant continuellement l’oreille au souffle de l’Esprit Saint dans la cellule intérieure, en vue de devenir en Jésus Christ « adoration perpétuelle du Père », offrande de tout l’être qui intercède pour le Liban et pour le monde.
  • 2. Les ermites apôtres sont arrachées à leur vie ordinaire par le Père qui les configure à son Fils Unique Jésus Christ, afin qu’elles deviennent des petits enfants du Père avec Lui, par l’action de l’Esprit Saint en elles.

Canon 7-

 Les ermites apôtres, poussées par l’Esprit Saint, s’engagent dans l’offrande de leur être par les trois vœux évangéliques à devenir un évangile vivant, et à chercher l’économie du Christ dans l’union au Père avec Lui, dans leur état religieux en observant la règle approuvée par l’Église.

Canon 8-

La Communauté des ermites apôtres est dans l’Église une Communauté cloitrée, greffée sur Jésus Christ inhabité par le Père (Jn 8 : 29 ; Jn 16 : 32).

  • 1. La vie en solitude dans la Communauté des ermites apôtres est issue d’une soif de l’amour absolu de Dieu le Père, de face à face avec l’Unique, avec le Bien-Aimé.
  • 2. La dimension de « seule à Seul », de cœur à Cœur, de face à face avec le Christ est essentielle pour permettre à l’ermite apôtre, dans le silence de la nuit, de se laisser envahir par la Présence, par celui qui vient d’ailleurs et l’arrache à sa finitude en lui apprenant que la soif de dominer est vaincue quand elle adore le Père.
  • 3. La solitude des ermites apôtres est un chemin de croix et de lumière où la puissance de l’amour les pousse à la rencontre de l’autre : leur cœur se dilate, leurs bras s’étendent, à l’image de celui qui, les bras étendus sur la croix, a attiré tous les hommes à lui.

Canon 9-

 La métanoia est pour les ermites apôtres une transfiguration continuelle et une vie consciente dans la lumière divine, dans la communion incessante avec Dieu. Donc une extase continue.

Canon 10-

 L’union entre les ermites apôtres ne se résout jamais en une intégration de la personne humaine dans l’Infini divin ; elle est au contraire l’accomplissement de leur destinée libre et personnelle.

Canon 11-

S’approcher de la lumière de la Transfiguration exige que chaque ermite apôtre gravisse son propre Thabor, lieu du cœur libéré de toutes ses passions.

Canon 12-

Les ermites apôtres sous la motion de l’Esprit Saint, montent, escaladent, et gravissent le chemin ardu de la métanoia pour arriver aux pieds du Seigneur.   

  • 1. Elles communient dans la vision de Dieu, dans la certitude de sa Présence dans leurs cœurs.
  • 2. Parvenues à entrer dans la joie de la Présence, les ermites apôtres ne la gardent pas jalousement pour elles, pour leur propre rassasiement, ni leur propre béatitude.

ARTICLE 2

Canon 13-

 La vocation d’ermite apôtre est une vocation semi- érémitique.  Celles qui ont prononcé un engagement perpétuel dans une autre famille religieuse ou dans un Institut de vie consacrée peuvent en faire partie et le passage se fera alors canoniquement.

Canon 14-

 La Communauté des ermites apôtres se réclame de la paternité des saints maronites et syriaques, connus ou inconnus, à l’intercession desquels elle se recommande.

ARTICLE 3

Canon 15-

 Le caractère semi- érémitique qui marque l’originalité de la vie spirituelle des membres de la Communauté des ermites apôtres leur permet de passer du chemin cénobitique à celui anachorétique.

Canon 16-

Leur vocation spécifique contribue :

  • 1. À l’édification du Règne de Dieu par leur vie de prière dans une solitude de communion et de fraternité.
  • 2. À offrir au Peuple de Dieu leur témoignage exemplaire d’obéissance à l’Évêque éparchial.
  • 3. Au rayonnement de la spiritualité syriaque, à travers leur témoignage de vie, sur demande de l’autorité ecclésiale.

ARTICLE 4

Canon 17 -

En vertu de leur appartenance à la même Communauté spirituelle, l’évêque éparchial a confié le soin pastoral et l’accompagnement spirituel de la Communauté des ermites apôtres au Révérend moine de l’Ordre Libanais Maronite Thomas Mouhanna, membre du Couvent Notre Dame de Mayfouk.

Canon 18–

La Communauté des ermites apôtres est gouvernée selon le Code des Canons des Églises Orientales, et son Droit particulier :

  • 1. La Règle établit la nature, le but et l’esprit de la Communauté.
  • 2. Les Constitutions ont pour but :

1° de mettre la Règle en pratique

2° d’indiquer concrètement les conditions demandées pour appartenir à la Communauté des ermites apôtres, le mode de fonctionnement de la Communauté, l’organisation de la vie communautaire, son siège.

ARTICLE 5

Canon 19-

L’interprétation authentique de la Règle et des Constitutions relèvent de l’Ordinaire du lieu.

  • 1. L’interprétation pratique des Constitutions, dans le but d’en harmoniser l’application dans les diverses Laures Abana- Notre Père, et aux différents niveaux de la Communauté des ermites apôtres relève du Chapitre Général de la Communauté.
  • 2. La clarification de points particuliers qui réclament une décision opportune, est de la compétence du Conseil de la Communauté des ermites apôtres.

Chapitre II

Forme de vie et activité apostolique

Titre 2

Forme de vie

ARTICLE 6

Canon 20-

Les ermites apôtres s’engagent par les trois vœux évangéliques publics à vivre l’Évangile dans la vie semi- érémitique.

Canon 21

Elles cherchent à approfondir, à la lumière de la foi, les valeurs et les choix de la vie évangélique selon leurs Constitutions.

  • 1. Dans un itinéraire constamment renouvelé de conversion, et de formation à la Laure
  • 2. Ouvertes aux demandes qui viennent de l’Ordinaire du lieu et de la réalité ecclésiale, passant de l’Évangile à la vie et de la vie à l’Évangile, en respect de leur charisme
  • 3. Dans la dimension personnelle et communautaire de cet itinéraire
  • 4. Dans le service des retraitants (évêques, prêtres, religieux ou consacrés

ARTICLE 7

Canon 22-

La spiritualité des ermites apôtres implique une vie centrée sur la Personne du Christ, en suivant ses traces, plutôt qu’un programme détaillé à mettre en pratique.

Canon 23-.

Pour la Communauté des ermites apôtres, le but de la vie consacrée est l’union avec Dieu, la déification : les grâces mystiques, loin d’être le privilège d’une élite, sont offertes à toutes les âmes ; elles sont l’épanouissement normal, sinon nécessaire, d’une vie chrétienne authentique.

Canon 24-

Les ermites apôtres, engagées à suivre les exemples et les enseignements de Jésus- Christ- Premier Ermite Apôtre- étudient personnellement et assidûment la Sainte Écriture.  La mère Amma responsable et le père spirituel désigné par l’évêque favorisent l’amour de la Parole évangélique.

ARTICLE 8

Canon 25-

Le Cœur du Christ pauvre et crucifié, vainqueur de la mort et ressuscité, suprême manifestation de l’amour de Dieu pour l’homme, est « le Livre » dans lequel les ermites apôtres apprennent pourquoi et comment vivre, aimer et souffrir.

ARTICLE 9

Canon 26-

Les ermites apôtres cherchent à imiter la fidélité de mère Brigitte May, leur fondatrice, à suivre ses inspirations, et écoutent son exhortation à désirer par-dessus tout l’Esprit du Seigneur, et Sa sainte opération.

  • 1. Les ermites apôtres doivent respecter le Charisme qui est né de l’expérience mystique de la fondatrice : un contact avec Dieu en Jésus Christ «de personne à personne » qui a, comme précisé par saint Jean de la Croix, « le goût de la vie éternelle », un contact direct et permanent avec Dieu le Vivant.
  • 2. Ce charisme s’accomplit dans une mystique trinitaire, sacramentaire et dans une intériorité mentale liée au cœur dans un sens hérité de la Bible.

ARTICLE 10

Canon 27-

En s’inspirant de l’exemple et des écrits de leur fondatrice et, par-dessus tout avec la grâce de l’Esprit Saint, les ermites apôtres vivront avec foi le grand don que le Christ leur a fait, à savoir la Révélation du Père. Leur vie consacrée à Dieu est un témoignage de foi pure devant le monde :

1° dans la vie semi- érémitique

2° dans la vie communautaire ou solitaire

3° dans le travail du Jardin à deux dimensions, extérieure et intérieure

4° dans la joie comme dans la peine

5° dans la rencontre avec les visiteurs et les retraitants

Canon 27-

Les ermites apôtres, avec Jésus obéissant jusqu’à la mort, chercheront à connaître et à faire la volonté du Père.  Elles rendront grâce à Dieu pour le don de la liberté et la révélation de la loi d’amour.  Elles accepteront l’aide, le conseil et le soutien qui leur est offert pour accomplir la volonté du Père par ceux qui dans l’Église en ont reçu la responsabilité.  Elles assumeront, avec une sereine fermeté, le risque de choix courageux dans la vie érémitique.

Canon 28-

Les ermites apôtres aimeront la rencontre filiale avec Dieu, feront de la prière et de la contemplation l’âme de leur propre vie et de leur action.  Elles chercheront à découvrir la Présence du Père dans leur propre cœur, dans l’autre et dans le travail.

ARTICLE 11

Canon 29-

Les ermites apôtres vivent dans un esprit de conversion permanente : l’écoute et la célébration de la Parole de Dieu, la révision de vie, les retraites spirituelles en ermitage, l’aide du père spirituel, moine de l’Ordre Libanais Maronite du Couvent de Mayfouk, désigné par l’évêque, et les célébrations pénitentielles.  Elles s’approcheront fréquemment du sacrement de la Réconciliation et prendront soin de le célébrer de façon communautaire.

Canon 30-

Les fruits de la conversion sont visibles dans la relation paisible et joyeuse avec tout frère en humanité, et dans l’amour pour le renouveau du Cœur de l’Église.

Canon 31-

Les ermites apôtres apprécieront les pratiques de pénitence, comme le jeûne et l’abstinence, de tradition chez les ermites maronites.

ARTICLE 12

Canon 32-

Les ermites apôtres s’engageront dans une réflexion de foi sur l’Église, sur sa mission dans le monde d’aujourd’hui et sur leur rôle dans l’Église, en accueillant les défis et en assumant les responsabilités que cette réflexion leur fera découvrir.

Canon 33-

L’Eucharistie est le centre de la vie des ermites apôtres qui participent à l’Eucharistie chaque jour sauf le vendredi, se souvenant du respect et de l’amour des ermites maronites qui ont vécu dans celle-ci tous les Mystères de la vie du Christ.

Canon 34-

Les ermites apôtres participeront aux sacrements de l’Église, attentives non seulement à leur sanctification personnelle mais aussi au service de la croissance de l’Église et de l’expansion du Royaume.  Elles collaborent à leur célébration vivante et consciente dans leur propre Communauté.  

Canon 35-

Les ermites apôtres se conforment aux indications du Rituel Maronite concernant les diverses manières de s’associer à la prière liturgique de l’Église, en privilégiant la célébration de la Liturgie des Heures.

Canon 36-

Les ermites apôtres, adoratrices du Père, le louent en tout lieu et en tout temps.

ARTICLE 13

Canon 37-

Les ermites apôtres s’efforcent de vivre l’Esprit des Béatitudes, surtout l’esprit de pauvreté qui dispose à promouvoir une plus juste répartition des richesses.

Canon 38-

Les ermites apôtres par leur travail et leurs biens matériels, pourvoient aux besoins de leur propre Communauté, et elles ont une manière particulière de vivre la pauvreté évangélique.

Canon 39-

Les ermites apôtres rendent grâce à Dieu pour les biens reçus, et elles en usent comme de bons gérants et non comme des propriétaires.

  • 1. Elles s’efforcent de réduire leurs besoins personnels, de partager leurs biens spirituels et matériels avec les autres, surtout avec les plus démunis.
  • 2. Elles prennent fermement position contre la mentalité de consommation et contre les idéologies et les pratiques qui donnent à la richesse matérielle priorité sur les valeurs humaines et religieuses et qui permettent l’exploitation de l’homme.  

Canon 40-

Les ermites apôtres aiment et pratiquent la pureté du cœur, source de la vraie fraternité.

ARTICLE 14

Canon 41-

 Les ermites apôtres prennent pour modèle d’écoute de la Parole, et de fidélité à la vocation, Marie Mère de Jésus

  • 1. Elles expriment leur grand amour pour la Vierge très sainte, par l’imitation, la prière et l’abandon filial ; elles manifestent leur dévotion mariale par des actes de foi authentique, et dans des formes acceptées par l’Église.
  • 2. Les ermites apôtres cherchent à vivre l’expérience des maronites qui ont fait de la Vierge le guide de leur vie et accueillent à l’exemple des disciples à la Pentecôte l’Esprit Saint pour devenir, chacune, mère universelle qui enfante Jésus dans les cœurs.

Titre 3

Présence active dans l’Église et dans le monde

ARTICLE 15

Canon 42-

 Les ermites apôtres annoncent le Christ par la vie et par la parole. Leur apostolat préférentiel est le témoignage de leur chemin de foi dans leur milieu de vie à la Laure Abana- Notre Père, et le service de la construction du Royaume de Dieu dans les réalités quotidiennes.

Canon 43-

 Les ermites apôtres se préparent à devenir un Évangile Vivant par leur prière liturgique, et leur témoignage de vie.

Canon 44-

Les ermites apôtres participent au ministère de sanctification de l’église dans le Silence qui a pour sommet l’adoration du Christ- Offrande.

ARTICLE 16

Canon 45-

Les ermites apôtres sont appelées, dans la vie d’aujourd’hui, souvent bruyante et chaotique à vivre la vie intérieure calme et silencieuse. Pour y parvenir;

  • 1. Elles gardent les yeux fixés sur Jésus en la cellule du cœur intérieur en répétant le Saint Nom de Jésus, et cessent de chuchoter entre elles, sauf dans certaines situations discernées par l’Amma.   
  • 2. Elles se retirent dans l’ermitage, le lieu des Noces, pour s’unir à Jésus et au Père en se laissant guider par l’Esprit Saint qui leur parle dans l’étude de l’Ecriture Sainte, dans la psalmodie de la prière liturgique, et la prière du Cœur, dans la méditation, la contemplation et le travail manuel.

Canon 46-

 Les ermites apôtres vivent la communion chrétienne, la fraternité universelle surtout avec les musulmans pour leur révéler Jésus Sauveur, le Père Tout- Proche qui les attend, et rayonnent cet esprit partout. Elles s’engagent fermement contre toute forme d’exploitation, de discrimination et de marginalisation, et contre toute attitude d’indifférence à l’égard des autres.

Canon 47-

 Les ermites apôtres prient et intercèdent pour les mouvements qui promeuvent la fraternité entre les peuples et leur liberté.

Canon 48-

 Les ermites apôtres partagent résolument l’esprit de compassion et d’ouverture : elles travaillent laborieusement et humblement pour faire bouillir la « marmite des ermites », en obéissance au rythme de vie de la Laure Abana- Notre Père : productions du jardin extérieur, et celle du Jardin Intérieur ; ouvertes au monde et à tout ce qui s’y trouve de beau, de bon et de vrai, elles intercèdent avec Jésus, sous la motion de l’Esprit Saint, dans l’adoration du Père dans la cellule intérieure, par une prière ininterrompue, pour l’Église et pour le monde. 

ARTICLE 17

Canon 49-

Les ermites apôtres s’efforcent d’agir comme le levain dans leur milieu de vie par le témoignage de l’amour fraternel motivées par la Sainteté de tous, de témoigner de la foi de la première Communauté chrétienne en faisant un seul cœur et une seule âme, et en suivant les consignes de l’évêque éparchial qui représente la communion dans son éparchie et l’unité des croyants.

 Canon 50-

 Le premier travail de l’ermite apôtre pour l’unité du Corps du Christ n’est autre que la vie du Silence intériorisé, une manière particulière d’être Église, de signifier la vocation chrétienne en même temps sur le mode spirituel (unité intérieur) et universel (unité entre tous).

Canon 51-

Les ermites apôtres dans l’Esprit des Béatitudes prient pour tous leurs frères et sœurs en humanité, et surtout les plus blessés. Elles assurent une écoute spirituelle à ceux qui le désirent.

ARTICLE 18

Canon 52-

 Engagées à construire le Royaume de Dieu, les ermites apôtres, par vocation, vivent comme une grâce suprême leur appartenance à l’Église dans la vie semi érémitique.

Canon 53-

 Leur contribution première et fondamentale à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel sera l’accomplissement de leur Charisme de prière, en s’attachant à comprendre de plus en plus profondément leurs sources syriaques, tout en s’ouvrant à l’action de Dieu aujourd’hui.     

ARTICLE 19

Canon 54-

 Pour les ermites apôtres, le travail est un don sacré, et travailler est donc une grâce. Le travail de chaque jour est non seulement un moyen de subvenir à leurs besoins par la vente des produits du jardin ou le service des retraitants, mais surtout une occasion de servir Dieu et le prochain, et un moyen de développer leur personnalité co- créatrice : la Communauté créée la collection Laure Abana- Notre Père I : écrits ; la collection Laure Abana- Notre Père II : chants inspirés ; la collection Laure Abana- Notre Père III : enseignements.

Canon 55-

 La détente et les loisirs ont une valeur propre et sont nécessaires à l’épanouissement de la personne. Les ermites apôtres établissent un équilibre entre le travail et le repos, et leurs loisirs sont simples et de qualité.

 ARTICLE 20

Canon 56-

 Les ermites apôtres vivent leur charisme :

  • 1. En des lieux « hors clôture » qui permettent les retraites ou les rencontres spirituelles.
  • 2. En des lieux « en clôture » qui préservent leur silence et qui sont convenablement aménagés pour leur vie communautaire paisible.

ARTICLE 21

Canon 57-

Les ermites apôtres vivent leur charisme en deux étapes: cénobitique et anachorétique .

  • 1. L’ermite apôtre cénobite vit en ermitage mais aussi en présence de ses sœurs aux moments définis dans le Règlement intérieur, et peut accueillir les visiteurs.
  • 2. L’anachorète se retire dans la solitude après une vie communautaire épanouie et rayonnante, selon la sage Tradition maronite. Cette solitude est ascétique. L’anachorète demeure un membre à part entière de la Laure Abana- Notre Père qui se consacre à la méditation, à l’adoration et au travail en ermitage.

ARTICLE 22

Canon 58-

 Les ermites apôtres portent une robe blanche avec un capuchon, symbole de leur désert, et le médaillon de la Croix maronite frappé de deux cèdres (emblèmes du Liban, terre sacrée où s’enracine Abana) et de deux palmiers (arbre des trois religions, convivial et protecteur, qui survit dans les conditions extrêmes du désert), avec une chaîne (signe de leur libre attachement à Jésus Christ).

 Canon 59-

 Les aspirantes restent en habit civil sobre et effacé et les postulantes portent une jupe, une tunique d’effacement comme les novices qui ont un voile blanc en plus.

Canon 60-

 Les ermites apôtres cherchent la Paix du Cœur, la joie complète en Dieu, et l’unité avec tous.

  • 1. En méditant chaque jour la prière sacerdotale de Jésus.
  • 2. En collaborant avec l’évêque éparchial dans la sainte obéissance.
  • 3. En priant et intercédant pour les institutions qui promeuvent la paix dans le respect de ses racines authentiques.

Chapitre III

Vie de prière et message de joie et d’espérance

Titre 4

Vie de prière

ARTICLE 23

Canon 61-

 L’Écriture Sainte est au centre de la vie des ermites apôtres. Elles sont instamment invitées à « manger » la Parole de Dieu dans le Silence, la « mastiquer », la « digérer », pour qu’elle soit nourrissante, et ainsi qu’elles soient transformées par elle.

Canon 62

 À force d’être imprégnées de la Parole de Dieu, les ermites apôtres manifestent leur communion avec Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et deviennent leur transparence. 

Canon 63-

La Communauté des ermites apôtres vit la metanoïa du cœur dans la kénose de l’amour , et dans une conversion permanente ; ainsi, les ermites apôtres sont de plus en plus unifiées, universelles, pacifiées, stables et libres pour participer à l’édification de l’Église.

Canon 64

 La metanoïa de l’ermite apôtre s’actualise en particulier dans la mastication de la Parole de Dieu et dans le Sacrement de la réconciliation, vécu au minimum chaque mois, en toute confiance et humilité avec le père spirituel désigné par l’Ordinaire du lieu. Ce travail d’intériorisation n’est pas pure négation de l’activité sensible, mais appropriation du silence afin que l’être intérieur devienne le lieu de la prière perpétuelle, jusqu’à se faire « tout à tous ».

ARTICLE 24

Canon 65-

 La liturgie vécue à la Laure Abana- Notre Père est celle de l’Église maronite. Cette liturgie, autant qu’elle soutient le silence contemplatif et accompagne Jésus- Christ dans tous les moments de sa vie, conduit à la liturgie de l’être.

Canon 66-

 Les ermites apôtres prient incessamment pour l’évêque et ses intentions diocésaines, pour tous leurs pères spirituels, pour les fondatrices de la Laure Abana- Notre Père, leurs parents, et pour les bienfaiteurs.

Canon 67-

L’union à Dieu et la communion entre les ermites apôtres se renforcent à la double Table de la Parole et de l’Eucharistie. :

  • 1. La présence des ermites apôtres à la célébration de l’office divin tire sa force et son efficacité de leur union autour de cette Table du Festin de la Passion, commémoration de la Mort et de la Résurrection du Christ.
  • 2. L’Office Divin les réunit en une seule âme, en un seul cœur, autour d’un seul autel, pour célébrer le sacrifice d’un seul amour, offrant elles-mêmes et le monde en holocauste à Dieu.

ARTICLE 25

Canon 68-

 L’ermite apôtre adore le Saint Sacrement une heure chaque jour sauf le vendredi. Le jeudi soir, l’adoration est communautaire. L’adoration prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la célébration liturgique elle-même.

  • 1. Ainsi les ermites apôtres reçoivent l’amour infini de Dieu et se greffent sur Jésus Christ Vivant, pénétrant ainsi dans la circulation de l’amour trinitaire jusqu’à devenir un peu chacune comme la quatrième personne dans cette danse de feu.
  • 2. Les ermites apôtres adorent Jésus pour entrer avec Lui dans son intimité avec le Père par l’action de l’Esprit Saint qui les enflamme.
  • 3. Cette heure d’adoration fonde la fraternité entre les ermites apôtres, accomplit leur sanctification personnelle, et celle de l’ensemble de l’humanité.

ARTICLE 26

Canon 69-

 La communion fraternelle se vit dans la prière communautaire et en Synaxe ou encore pendant les repas partagés et dans les temps de joyeuse détente fraternelle. Elle sera célébrée le Samedi Saint par une célébration pénitentielle avec l’évêque, ou le père spirituel.

Canon 70-

 Les ermites apôtres sont responsables du bon esprit charitable dans la Communauté. Elles se servent les unes les autres dans d’humbles tâches, avec amour, patience et simplicité.

Canon 71-

 Solitude et communion, deux visages de l’amour qui s’approfondissent continuellement, se vérifient l’un l’autre, dans une vie fraternelle basée sur le respect mutuel et l’amitié évangélique vécus joyeusement.

Canon 72-

 La taille modeste de la Communauté- entre deux et sept ermites apôtres- favorise à la fois cet enfouissement secret, la simplicité et la qualité des relations entre elles.

Titre 5

Message de joie et d’espérance

Canon 73-

 Jusque dans la souffrance, les ermites apôtres témoignent de la confiance et de la joie en atteignant :

- l’expérience de la paternité de Dieu

- l’expérience de la foi inébranlable en la résurrection avec le Christ pour la vie éternelle

- l’expérience de pouvoir rencontrer et louer Dieu dans toute leur vie.

Canon 74-

Ainsi, les ermites apôtres deviennent chacune un évangile vivant et témoignent de l’espérance et de la joie de vivre avec et pour notre Dieu Trois fois Saint.

Canon 75-

Les ermites apôtres encouragent l’entente mutuelle et la réconciliation, et elles veillent à ce que tout reflète la beauté, la joie et la simplicité en se stimulant réciproquement vers le bien et la sainteté.

Article 27

Canon 76-

En avançant en âge, les ermites apôtres apprennent à accepter la maladie et les difficultés croissantes, et à approfondir le sens de leur vie dans un détachement progressif et une ouverture vers la terre promise, témoignant ainsi que la communauté des croyants, et de ceux et celles qui s’aiment en Dieu, se poursuivra dans la vie éternelle comme « Communion des saints ».

Canon 78-

Elles s’efforcent donc de créer dans leur milieu, et tout d’abord dans leur Communauté, un climat de foi et d’espérance, afin que la mort soit perçue comme un passage vers le Père, et que toutes puissent s’y préparer dans la sérénité.

Canon 79-

Chaque soir, la prière sacerdotale de Jésus (chapitre 17 de saint jean) est lue et méditée, suivie d’une exhortation de la mère Amma. Les Oblats de la Laure Abana Notre Père lisent chaque jour cette même prière en communion avec les ermites apôtres.

Chapitre IV

Formation et consécration des ermites apôtres

Titre 6

Formation des ermites apôtres

Article 28

Canon 80-

La formation de l’ermite apôtre est fondée sur l’expérience de la vie cénobitique, et solitaire; elle prend en compte plusieurs facteurs : le développement de la personne humaine, le travail communautaire, l’étude sainte ; elle embrasse les racines de notre personne, religieuses et humaines.

Canon 81-

Le travail manuel, comme pratiqué par les anciens ermites est conseillé- entretien de la maison, travail régulier de la terre- pour garder les pieds sur terre et protèger l’humilité. L’ermite apôtre demeure à l’école du Saint Esprit, et se laisse former par l’expérience et l’imitation de l’Amma ; le style propre de la vie semi érémitique se transmet essentiellement par l’exemple, à l’instar des Anciens.

Canon 82-

La garde de la cellule instruit l’ermite apôtre consacrée à l’étude des Saintes Écritures et à celle des pères et mères syriaques.

Article 29

Canon 83-

La formation continue s’accomplit par la garde de la cellule, et dans le souci persévérant de fidélité et d’obéissance au rythme de vie que la Communauté a choisi et embrassé. Cependant pour enrichir cette formation, l’Amma peut faire appel à des experts de la vie érémitique ou mystique.

Article 30

Canon 84-

Pour répondre librement et de façon responsable à l’amour de Dieu Seul, sont requis une maturité humaine responsable, un équilibre psycho- affectif solide et un caractère souple, bases d’une metanoïa perpétuelle; après avoir vécu à la Laure Abana une ou plusieurs retraites spirituelles, un appel direct de Dieu est nécessaire pour embrasser la vocation.

Canon 85-

Pour embrasser la vocation, si l’appelée est étudiante, elle doit avoir fini ses études ; il faut l’effort de participation de l’appelée à l’initiation en deux degrés : aspirante (postulante) et apprentie (novice).

Canon 86-

Si elle est déjà liée par une profession religieuse ou par un autre serment d’une congrégation, elle doit avoir la recommandation et la permission écrite de la Mère Générale de sa congrégation et le passage se fera alors canoniquement.

Canon 87-

Si elle a été mariée, elle doit avoir obtenu la sentence de l’annulation de son mariage religieux, alors elle la présente et est admise comme aspirante.

Canon 88-

Si elle est veuve et dégagée de toute responsabilité familiale, elle est admise comme aspirante.

Canon 89-

L’aspirante doit être déjà entière pour Jésus-Christ, et désirer réaliser joyeusement sa consécration baptismale pour embrasser le Charisme de la Communauté des ermites apôtres.

Canon 90-

La candidate doit présenter un extrait de baptême, et jouir des aptitudes mentionnées au Canon 84, être âgée de 25 ans au moins et de 40 ans au plus, et exceptionnellement d’un âge inférieur ou supérieur.

Canon 91-

Le postulat des aspirantes dure six mois pour conscientiser les joies et les difficultés du chemin. On ne leur accorde pas facilement l’entrée en clôture. Elles ne sont reçues en communauté que si elles manifestent les dispositions spirituelles exigées pour une vie cénobite.

Canon 92-

La postulante qui entrevoit la face du Christ Rédempteur en la Communauté, et qui veut le suivre jusqu’au bout, devient novice : la durée du noviciat est de deux ans à l’issue desquels elle prononce les trois vœux évangéliques temporaires renouvelés chaque année jusqu’à la profession définitive trois ans après.

Titre 7

Consécration des ermites apôtres

Article 31

Canon 93-

Une image renouvelée des vœux appelle une nouvelle façon de parler des vœux. Nous proclamons à nos frères et sœurs en humanité que nous faisons des vœux pour aimer avec tendresse, agir selon la justice et marcher humblement avec Dieu (Mi 6/8), en Communauté, et cela, dans l’offrande joyeuse de tout l’être (2 Co 9/7), (Rm 12/1s).

Canon 94-

L’acte d’offrande de l’être - offrande de la faculté volutive, offrande du potentiel d’amour, offrande de la volupté possessive - est la conséquence de la décision d’un changement complet du cœur et des attitudes pour répondre librement à l’appel personnel de Dieu le Père en Jésus.  Ainsi, la relation d’amour authentique, la transfiguration de l’être que le Seigneur attend et opère par l’action de l’Esprit Saint affecte chaque fibre de l’être.

Canon 95-

Ce triptyque de l’offrande de l’être est « thérapeutique » ; c’est le résumé de l’être (He 10/4-9), (Gn 3/6), et finalement, l’accomplissement en plein de notre consécration baptismale unique et primordiale.

Canon 96-

Avant l’offrande de son être, la novice renonce à ses biens ; elle peut les remettre à la Communauté qui les accueillera favorablement afin de servir à améliorer sa vie et son apostolat.

Canon 97-

Une retraite spirituelle de trois jours en ermitage, précède l’offrande de l’être. Cependant si la novice a besoin d’un conseil, elle peut faire appel à l’Amma ou au père spirituel.

Article 32

Canon 98-

Obéissance : à l’exemple du Christ Jésus qui écoute Son Père, l’ermite apôtre par l’offrande volutive, écoute- entend et met en pratique les conseils de l’Amma, et du père spirituel.  L’obéissance mutuelle dans une humilité de communion remplace l’exercice d’un quelconque pouvoir et signifie la recherche communautaire de la volonté de Dieu.

Canon 99-

L’autorité de communion ne peut s’exercer que dans ce jeu trinitaire responsable de paternité-maternité-fraternité. L’antidote à la soif de pouvoir qui divise les personnes n’est pas le renoncement à l’exercice de l’autorité de communion, mais l’adoration du Père dans le Cœur Intérieur.

Canon 100-

Chasteté : l’ermite apôtre s’offre à Dieu pleinement vivante : son potentiel d’amour est reçu de Dieu, voué à Lui et déversé sur l’humanité ; c’est l’offrande oblative de son être à l’exemple du Christ. Cette offrande radicale du potentiel d’amour permet d’œuvrer pour le royaume de Dieu, l’Église, avec une liberté exceptionnelle, canalisant toute l’énergie de l’amour en elle vers Dieu et vers le prochain.

Canon 101-

Par l’offrande du potentiel d’amour, l’ermite apôtre spiritualise les relations charnelles et témoigne de l’union spirituelle de tous dans l’Église, de la victoire de l’Esprit Saint dans le monde, de la vie céleste commençant dès cette terre et durant éternellement autour de l’Agneau divin.

Canon 102-

Pauvreté : l’offrande de la volupté possessive, à tous les niveaux de l’être, signifie que l’ermite apôtre qui ne veut rien, qui ne sait rien, et qui n’a rien, est pauvre. Dieu le Père veut que le Temple de l’ermite apôtre- son âme- soit vide, sans aucun obstacle, afin qu’il n’y ait à l’intérieur rien d’autre que Lui Seul, sans mélange ni partage, pour lui permettre de bondir en Son cœur. La pauvreté en esprit, c’est qu’elle soit libérée de tout (Mt 5/3). Mesurant le danger des biens de ce monde et de l’argent, qui peut dominer l’homme, au lieu de rester un moyen, elle se sert de l’argent sans s’y asservir, et elle met tout en commun.

Canon 103-

Mesurant le danger de s’approprier l’autre, l’ermite apôtre apprend de Jésus à devenir libre pour regarder la personne comme un être de communion, et non plus « de conquête et de consommation » : se faire « toute à tous » (Co 9/22) COMME Jésus. Ce renoncement à la volupté possessive est l’expression authentique d’une vie d’offrande, fidèle, épanouie et cohérente, fruit d’un processus permanent de libération.

Canon 104-

L’offrande de l’être est reçue prioritairement par l’évêque. Cette solennité se fera à la Laure Abana- notre Père à une date symbolique pour la future ermite apôtre, en accord avec l’Amma, au cours de la célébration eucharistique. Le 6 août de chaque année, fête de la Transfiguration, les ermites apôtres renouvelleront leurs vœux.

Chapitre V

L’anachorète

Article 33

Canon 105-

L’anachorète est l’ermite apôtre qui se retire dans la solitude après une vie communautaire épanouie et rayonnante, selon la sage tradition maronite. Cette solitude est ascétique. L’anachorète demeure un membre à part entière de la Communauté, et elle se consacre à la méditation, à l’adoration et au travail en ermitage.

Canon 106-

L’anachorète est tenue d’assurer le service de ses propres besoins. L’Amma est tenue de nommer une ermite apôtre pour lui assurer les repas.

Canon 107-

Sa nourriture doit être simple et modérée pour soutenir la vie spirituelle et pour demeurer vigilante, « ’iro ». L’anachorète pratique le carême et les jeûnes définis dans les Constitutions, en respectant les principes de la vertu de prudence, manifestation d’équilibre humain et de haute ascèse.

Canon 108-

L’anachorète peut quitter l’ermitage pour rejoindre la Communauté à certains moments choisis et discernés avec l’Amma. Par exemple, elle sort pour assister à la messe avec la Communauté.

Canon 109-

Elle est tenue de regagner la Communauté le 6 août, afin de participer au renouvellement de son offrande. Elle partage la journée avec ses consœurs, si elle le désire.

Canon 110-

Elle est tenue de respecter en son ermitage le rythme de vie de la Communauté et, si elle le désire, elle peut participer aux solennités avec la Communauté. Elle s’exerce au travail manuel. Elle peut être sollicitée pour une écoute spirituelle.

Canon 111-

Par la méditation et la rumination de la Parole de Dieu dans l’Écriture et par l’adoration pure, elle s’offre pour le Cœur de l’Église : retirée en son cœur, véritable ermitage, elle vit le « ṧelio ». Elle contemple le Visage du Père en Jésus, crucifié par amour pour elle et pour les hommes, et s’unit à eux, en s’offrant pour sa Communauté et le Salut de l’Église.

Canon 112-

En cas de maladie incurable, elle aura à accueillir la mort entourée de la présence et de l’affection de ses consœurs.

Canon 113-

Le père spirituel, accompagné de l’Amma, visite l’anachorète tous les trois mois pour s’entretenir avec elle de son cheminement spirituel, ou sur demande exceptionnelle de l’anachorète.

Canon 114-

Si elle sent qu’elle n’accomplit pas l’idéal de sa vocation d’anachorète, qu’elle l’avoue humblement et sincèrement à l’Amma et au père spirituel ; en conséquence elle sera réintégrée aimablement dans la Communauté.

Chapitre VI

L’Oblat de la Laure Abana- Notre Père, son Statut, son engagement, ses devoirs

Titre 8

Statut de l’Oblat

Article 34

Canon 115-

L’oblature n’est ni un vœu, ni une consécration, à proprement parler, c’est une promesse renouvelable tous les deux ans le dimanche qui suit la fête du Bienheureux Stéphane Néhmé - le 30 août- Patron du Jardin à deux dimensions de la Laure Abana.

Canon 116-

L’état d’oblat est essentiellement une affiliation spirituelle à la Communauté des Ermites apôtres que l’oblat a choisie pour être soutenu dans son engagement de conversion quotidienne de sa vie.

Titre 9

Engagement de l’Oblat

Article 35

Canon 117-

L’oblat s’engage à tendre à la perfection de la vie chrétienne selon le Charisme de la Communauté des Ermites apôtres et à aimer l’église pour la construire avec ses Pasteurs et ses responsables, dans la confiance, sans MURMURES, et susciter des vocations nouvelles.

Canon 118-

Deux dispositions intérieures doivent être discernées chez l’aspirant à l’oblation : un cœur miséricordieux et un désir de progrès spirituel.

Canon 119-

Le fondement de l’engagement d’un Oblat est l’appel à vivre chaque jour comme un perpétuel disciple de l’Esprit Saint, en apprenant à se laisser toujours dépasser sans grognement mais dans la joie afin de devenir avec les ermites apôtres un saint heureux, témoin du Ressuscité.

Titre 10

Devoirs de l’Oblat

Article 36

Canon 120-

Accepter le but de la Communauté des Ermites apôtres en vue de leur sanctification personnelle, dans le cadre des exigences propres de leurs vocations : lire les Constitutions de la Communauté des ermites apôtres régulièrement.

Canon 121-

Prier chaque jour doucement la prière de Jésus (Chapitre 17, Saint Jean) ainsi que la prière à Notre Dame des Oblats.

Canon 122-

Avoir des relations sociales fraternelles évitant toutes critiques et tout bavardage, et partout : service, réconciliation et paix au sein de leur milieu.

Canon 123-

Assister aux réunions, aux rencontres des oblats organisées par la Communauté entre Pâques et le premier jour de l’Avent, et prévoir un nombre régulier de visites de ce lieu saint de la Laure Abana- notre Père, avec des Amis ou membres des familles, pour participer aux messes ou encore venir s’y ressourcer.

Canon 124-

Il serait souhaitable que les oblats étrangers viennent se ressourcer régulièrement dans la Communauté des Ermites apôtres au Liban, et qu’ils prévoient de se réunir ensemble une fois par an dans leur pays d’origine pour prier ensemble.

Chapitre VII

Coordination

Article 37

Canon 125-

Le dessein de l’harmonieuse coordination est d’aider l’ermite apôtre dans son effort de participation à la charité, afin que la Communauté soit perçue par l’Église comme étant sa fidèle et transparente image, donc celle de Notre Seigneur.

Canon 126-

L’Amma se consacre à la Communauté et coopère avec les ermites apôtres au service fraternel, à l’exemple de Jésus-Christ venu pour servir et non pour être servi.

Canon 127-

Le premier souci de l’Amma est d’être Transparence de l’amour infini du Père céleste ; elle centre les ermites apôtres, les oblats et les retraitants- sur le Christ obéissant à travers l’observance du rythme de vie dont elle est la garante ; son second souci est de protéger le Silence, et la Communion entre eux tous.

Article 38

Canon 128-

L’Amma est nommée par l’évêque après concertation avec la Communauté : dans la Tradition c’est l’Ancienne qui est choisie. L’Amma est sous l’obéissance directe de l’évêque, et collabore avec lui.

Canon 129-

Une ermite apôtre sera désignée par l’Amma pour suivre les postulantes et les novices.

Canon 130-

Une personne sera désignée par l’Amma pour préparer le repas, assumer le service des retraitants, veiller sur le silence, la propreté de la cuisine.

Canon 131-          

L’Amma est responsable des oblats ; elle veille à ce qu’ils vivent fidèlement leur foi afin de rayonner le charisme de la Laure Abana.

Canon 132-

L’Amma, dans le souci du partage harmonieux des responsabilités dans la confiance, désigne un conseil formé de deux ermites apôtres pour la gestion des affaires et les décisions relevant de l’administration, et pour la rédaction du diaire. L’Amma peut naturellement, après consultation des conseillères, décider de ce qui doit être accompli et qui n’est pas prévu par les Constitutions. Elle peut à tout moment consulter l’évêque.

Canon 133-

L’Amma et ses conseillères se réunissent ordinairement une fois par mois, le dernier mercredi du mois- cette rencontre tiendra lieu de synaxe, et extraordinairement, sur convocation de l’Amma. Le père spirituel peut, sur invitation de l’Amma, participer à ces réunions permettant d’évaluer le cheminement et le rayonnement de la Communauté.

Article 39

Canon 134-

La Communauté assure à l’ermite apôtre malade ou infirme les soins médicaux nécessaires, l’attention fraternelle et diligente.

Canon 135-

L’Amma et la Communauté assistent l’ermite apôtre malade ou âgée avec bienveillance, certaines que c’est le Christ souffrant qu’elles honorent en elle. Ainsi, elles encouragent aussi la sœur malade à supporter sa souffrance en union à la Passion de Notre Seigneur.

Canon 136-

L’ermite apôtre malade essaie d’accueillir sa maladie comme l’occasion royale d’une union d’amour plus parfaite à son Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, certaine que sa souffrance est une participation divine, pour son salut et pour le salut du monde. Elle s’appuie ainsi sur sainte Rafqa.

Canon 137-

L’Amma avertit les membres vivants de la famille de l’ermite apôtre malade afin qu’ils l’accompagnent par leur prière. Elle prévient le père spirituel en cas de son agonie, afin qu’il lui administre les Sacrements.

Canon 138-

L’ermite apôtre trépassée, l’Amma en informe le père spirituel ; ses obsèques sont célébrées à la Laure Abana- notre Père, selon nos coutumes dont les suivantes : l’évêque ou son délégué prononce un panégyrique qui est conservé dans les annales ; un faire-part de décès est envoyé à la famille de la défunte.

Canon 139-

Les ermites apôtres assistent spirituellement les défuntes et les commémorent comme suit : offrir trois messes, au troisième jour, au quarantième et un an après la mort.

Canon 140-

Les ermites apôtres croient et considèrent que leurs consœurs décédées sont des membres du corps mystique et qu’elles continuent à intercéder pour leur mission sur terre.

Chapitre VIII

Le Cénacle de la Laure Abana-Notre Père-Liban, sa genèse et les convictions fondatrices, sa finalité, ses moyens d’action

Titre 11

Genèse du Cénacle, ses convictions fondatrices

« L’âme est morte, lorsqu’elle a perdu le souvenir de Dieu, senti expérimentalement. La santé de l’âme suppose d’abord et avant tout la rencontre personnelle du Christ-Jésus, la connaissance expérimentale de son amour infini. »

Canon 141-

La mère fondatrice et la sœur cofondatrice- Brigitte et Laurence- ont expérimenté ce qu’elles transmettent dans leur chair dans une douloureuse et persévérante métanoia, et le cheminement ici proposé révèle donc une expérience de vie, et une secrète Résurrection. La voie qu’elles invitent à suivre pour guérir en profondeur les maladies de l’âme afin de recevoir l’union à Dieu se situe dans l’ordre spirituel, dans l’ordre de la grâce de Jésus-Christ.

Canon 142-

L’encouragement de l’évêque nous permet de voir que ce Cénacle répond à un besoin réel, et c’est la première conviction fondatrice de ce Cénacle :

« Chère Amma,

J’encourage le cénacle de tout cœur ; c’est un appel à une formation plus approfondie dont les nôtres ont tellement besoin, notamment nos jeunes. Union de prières. (4 octobre 2011)

  1. Mounir » (Évêque de Batroun)

Canon 143-

La deuxième conviction fondatrice de ce Cénacle est que Jésus seul peut faire de tout homme, fût-il le plus misérable parmi les misérables, un homme complètement nouveau, un être humain en parfaite santé qui peut dire : "Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi" (Gal. 2,20).

Il ne s’agit nullement d’ignorer la nature et les moyens naturels, mais celui qui reste dans l’ordre de la nature n’aura jamais que la victoire d’une convoitise sur une autre. En d’autres termes, il restera toujours malade dans quelque domaine, la parfaite santé exigeant une régénération complète de tout notre être, une nouvelle naissance, la communication d’une vie vraiment nouvelle, qui est celle de Jésus-Christ en nous.

Titre 12

Finalité du Cénacle

Canon 144-

Aider chacun à trouver un meilleur équilibre intérieur et une vraie liberté spirituelle, de manière à mener une vie humainement digne, pleinement responsable et féconde à tous points de vue.

Canon 145-

    Bien disposer les personnes tentées par le découragement et même le désespoir, en raison d’échecs successifs et de douloureuses épreuves, à reprendre goût à la vie, à croire et à espérer dans l’amour tout-puissant de Dieu qui leur est toujours offert.

Canon 146-

    Abreuver les personnes des principes les plus efficaces concernant l’union de l’âme avec Dieu, en les mettant à leur portée, et en leur permettant d’en faire l’expérience pour retrouver la santé spirituelle, la conserver et l’améliorer.

Canon 147-

    Nourrir par la Parole de Dieu et initier à l’adoration du Christ-Offrande, les personnes consentantes et suffisamment préparées, pour faire l’expérience d’une rencontre personnelle avec le Christ-Jésus, SEUL Maître Intérieur.

    Ancrer l’Esprit Saint dans le Cœur de chacun car c’est Lui qui réalise en nous l’unité intérieure, et nous fait devenir un petit Enfant de Notre Père pour construire l’Église UNE avec, et autour de l’évêque.

Titre 13

Moyens d’action

Canon 148-

Participation à la Messe et à certains temps liturgiques, dans la prière du Cœur orientée vers l’expérience d’une rencontre personnelle avec Jésus.

Canon 149-

Accompagnement spirituel discret.

Canon 150-

 Retraite spirituelle personnelle en obéissance au rythme du jardin à deux dimensions, extérieur et intérieur, avec divers ateliers de travail manuel.

Canon 151-

Retraite spirituelle prêchée sur les principes chrétiens de la guérison spirituelle et de la paix de l’âme. (entre Pâques et l’Avent)

Canon 152-

Publication, sous différentes formes, des fruits du Jardin dans la Marmite des Ermites : produits naturels de la terre ou documents audio ou écrits de la « Collection Laure Abana- Notre Père ».

[1] Nom des sœurs de la Communauté semi- érémitique vivant à la Laure éparchiale Abana- notre Père, choisi définitivement : appellation utilisée par Paul Sfeir dans son livre les Ermites dans l’église Maronite, Kaslik 1986 p.223

[2] L’arbre de vie, c’est le Cèdre du Liban. Premièrement, chanté par Lamartine, Renan ou Khalil Gibran, le cèdre du Liban, « Arz el‑Rab », le cèdre de Dieu, est mentionné 103 fois dans la Bible. C’est le seul arbre, selon les Écritures, que Dieu ait planté de ses mains. Témoins des temps bibliques, les cèdres millénaires ont connu les règnes des rois Ahiram de Tyr et Salomon de Jérusalem. Le cèdre est lié aux trois grandes religions du Moyen-Orient. Pour les juifs, c’est l’arbre choisi pour construire la charpente du temple de Salomon à Jérusalem (1000 av. J.C.) ; pour les chrétiens, l’arbre saint; pour l’islam, le bois pur. On le retrouve dans les temples, les églises et les mosquées ; la beauté du site des Cèdres en faisait au XIXe siècle un lieu de pèlerinage. Les maronites croient que c’est à Bcharré, et non au mont Thabor, qu’eut lieu la Transfiguration célébrée le 6 août. Deuxièmement, les cèdres- « Monuments naturels les plus célèbres » aussi selon Lamartine -  sont l’emblème du drapeau libanais, le symbole d’un pays martyr et de la nécessaire union. En 1920, l’un des textes de la proclamation du Grand Liban déclare: « Un cèdre toujours vert, c’est un peuple toujours jeune en dépit d’un passé cruel. Quoiqu’opprimé, jamais conquis, le cèdre est son signe de ralliement. Par l’union, il brisera toutes les attaques. » C’est pourquoi le rayonnement de la spiritualité de la Communauté veut participer à l’effort du peuple croyant maronite qui permettra à la chaîne du Liban de conserver, selon le mot de Diodore de Sicile, sa renommée de « montagne des parfums ».

[3]La rédaction du texte canonique de la première mouture fut rédigé avec la participation providentielle du révérend père Pierre Humblot (Pradusien).

[4] Acte consultable dans les archives de la fondation.

[5] Le Christ me fit comprendre que Son père l’avait envoyé vers moi pour devenir mon Père et me guérir dans ma blessure d’enfance et me réconcilier avec mon père, militaire blessé par la guerre, toujours absent de la maison: ô divine blessure !

[6] La première intervention du Seigneur eut lieu le 26 février 1984, dans sa cave-studio d’artiste, Paris cinquième, 35 rue Lhomond, à côté du Foyer franco-libanais de la rue d’Ulm.

[7] Fondation à Paris de l’association  « Amis des Enfants du cèdre » en 1988.

[8] Can. 603 - § 1. Outre les instituts de vie consacrée, l’Église reconnaît la vie érémitique ou anachorétique, par laquelle des fidèles vouent leur vie à la louange de Dieu et au salut du monde dans un retrait plus strict du monde, dans le silence de la solitude, dans la prière assidue et la pénitence.

[9] Prélat de Sa Sainteté rencontré providentiellement dans une charcuterie place saint Sulpice à Paris et qui lui fit découvrir et aimer l’église sainte et pécheresse après une persécution sévère dans le diocèse de Rouen.

[10] Can. 603 - § 2. L’ermite est reconnu par le droit comme dédié à Dieu dans la vie consacrée, s’il fait profession publique des trois conseils évangéliques scellés par un vœu ou par un autre lien sacré entre les mains de l’Évêque diocésain, et s’il garde, sous la conduite de ce dernier, son propre programme de vie.

[11] Jeune homme de Batroun auquel sœur Jeanne- Claude Chamoun avait demandé d’être propriétaire de « la cave » à Toula, achetée avec l’argent offert par la maman de la fondatrice, Pierrette May.

[12] La genèse de la fondation de la Communauté de la Laure Abana- Notre Père est en cours d’écriture.

[13] Cf. texte officiel de l’offrande dans nos archives.

[14] Le texte de l’engagement est dans les archives

Sur ordre de l’évêque latin, Paul Dahdah ( cf. lettres prot. consultables dans les archives).

[16] Cf. explicite dans le diaire remis annuellement à notre évêque.

[17] La première tombée malade est soignée en Allemagne, la seconde part assister sa maman de 90 ans après la crise cardiaque de son frère, la troisième mourut cruellement d’un cancer général.

[18] Idem ouvrage de Paul Sfeir p.202 : « …Si l’on veut spécifier la forme de vie des ermites Maronites…la meilleure définition …serait celle de la forme semi- érémitique ».

[19] Lieu choisi et désigné par sœur Jeanne- Claude Chamoun (sfm)

[20] Discours du pape François aux évêques brésiliens le 27 juillet 2013.