Charte du retraitant à la Laure Abana

L’adoration du Père dans la cellule intérieure

Se retrouver seul et en silence dans un ermitage de la montagne libanaise. Pour vivre une expérience unique et hors du temps. A l’écoute de l’Hôte intérieur, Porteur de Liberté.

La Laure Abana ? Un petit coin de paradis, niché au milieu des sanctuaires maronites, entre ciel et Terre. Jardin céleste, osons le mot : une invitation permanente à contempler le Créateur à travers Sa création, à devenir simple et vrai, qui s’accomplit dans le travail du JARDIN à deux dimensions : extérieur avant midi et intérieur après-midi

Candidats au bonheur et à la joie complète promise par Dieu à Ses Amis (Saint Jean 17), voici votre viatique !

Pour un séjour de 4 jours (ou plus, à discerner avec l’Amma)

L’ermitage est accessible après l’octave de Pâques jusqu’à la veille de l’Avent, et toute l’année pour les religieux, les oblats et les consacrés.

Une retraite spirituelle à la Laure Abana- Notre Père au Liban

TEMOIGNAGE DE JOEL:

Ne pouvant se rendre au Liban où elle avait prévu de retrouver l’ermitage de Mère Brigitte May, l’oblate Bernadette Lefébure a permis à Joël Tessier de partir à sa place, en lui offrant le billet d’avion. Joël a vécu à la Laure Abana (diocèse de Batroun au nord Liban) une expérience spirituelle profonde qu’il a bien voulue confier au Lien.

Le Lien : Qui est Brigitte May ?

Joël : Mère Brigitte originaire de Besançon, ou Amma Brigitte est au Liban depuis trente ans. Elle est une universitaire en quête de l’amour Absolu qu’elle cherchera à travers de nombreuses expériences existentielles en menant une vie émancipée. Elle a quitté l’église dès son adolescence. Elle fut professeur de littérature française au lycée Saint Thomas d’Aquin et fera des études supérieures : un DEUG d’anglais et une licence de linguistique à l’université de Besançon, une maîtrise de psycholinguistique à Paris VII Jussieu, un DEA de lettres modernes à l’université d’Orléans et une préparation d’agrégation et d’un doctorat de lettres modernes à la Sorbonne et au Cours Sévigné (arrêtée par sa conversion). En 1984 à Paris dans son studio d’artiste, elle décide de mourir, certaine que la lumière et la vérité qu’elle désire se trouvent sur l’autre rive. Lors d’un séminaire à l’Institut Supérieur de pédagogie de Paris, elle rencontre une éducatrice libanaise, Ilham Chamoun, qui lui remet la Bible de Jérusalem. En l’ouvrant, Brigitte est terrassée par la Rencontre du Christ qui transformera sa vie en une histoire d’amour avec LUI, Visage du Père, et le Liban blessé, jusqu’à sa consécration par les trois vœux évangéliques dans les mains de l’évêque du lieu où elle demeure. Aujourd’hui, elle est mère fondatrice de la Communauté de la Laure Abana au Liban nord, à Toula-Batroun, avec sœur Laurence Delacroix qui la rejoindra pour vivre sa vie d’ermite il y a quinze ans.

Le Lien : Comment a-t-elle reçu sa vocation d’ermite ?

Joël : Dans une expérience personnelle avec Jésus- Christ, le 26 février 1984 que je laisse le soin à Amma de raconter : « Je suis dans mon studio d’artiste au 35 rue Lhomond dans le cinquième. J’ai décidé de me laisser passer sur l’autre rive, et mon amie libanaise Ilham Chamoun arrive et me donne un cadeau : J’ouvre le papier cadeau et je vois, Bible de Jérusalem. J’ouvre la page de garde ; Ilham y avait collé le drapeau du Liban et marqué un petit mot arabe plein d’espérance : « hayâti » qui veut dire « ma vie ». J’ouvre la Bible et je tombe sur le prologue de Saint Jean, « et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous. » Là, je suis terrassée : je sens comme de l’électricité sur tout mon corps ; je jette la Bible et je vais pour prendre un verre d’eau ; au pied de l’échelle de ma mezzanine, le Christ en personne m’apparaît. Je me jette à ses pieds et je plonge dans Son Regard si Aimant ! Il met sa main sur ma tête, et il me dit : « Brigitte, tu n’étais plus là, moi, j’étais là, tu ne me quitteras plus, tu seras ermite. » Une nuit de larmes. Une étreinte de feu. ». Et moi Joel ce qui me marque c’est que 32 ans après, elle est ermite…comme si la Parole de sa nuit de feu s’est faite chair en elle !

Le Lien : Qui a construit la Laure Abana ?

Joël : Des Amis français d’Amma Brigitte- ou autres- sont bienfaiteurs de la Laure Abana. Sur le terrain, les sœurs ont recours à des libanais dans leur apostolat et dans les constructions et la restauration : ainsi aujourd’hui le Vicaire mgr Boutros qui est en charge des questions matérielles à la Laure Abana a présenté à Amma Pierrot Bassil, un architecte professionnel au cœur de Jésus : il emploie des yazidis ou autres communautés en situation difficile. La Laure Abana est une oasis de Paix et réconciliation !

Le Lien : Comment définiriez-vous la vocation de la Laure Abana?

Joël : Son charisme est l’adoration du Père dans la cellule intérieure, et sa vocation est de conduire les personnes à l’union au Cœur de Jésus pour devenir avec Lui enfant du Père et crier « Abba, Père ».

C’est une vie semi-érémitique. L’apostolat est l’accueil en retraite spirituelle, l’écoute et aussi l’accompagnement spirituel. Une chaîne d’oblats de la Laure se développe… Les oblats sont réunis par la lecture du chapitre 17 de Saint Jean et le désir de devenir un enfant du Père avec Jésus.

Il y a le rythme du jardin à deux dimensions, extérieur le matin : on creuse la terre du Liban pour en faire jaillir fleurs et fruits et pour réjouir notre Créateur ; et l’après-midi, c’est l’étude de la Parole de Dieu et l’adoration, la lecture du chapitre 17 de Saint Jean et l’exhortation de notre Amma.

Puis nous vivons la messe maronite en arabe avec le Père Thomas, où nous déposons le monde dans le Saint Calice.

Le Lien : Quel est l’emploi du temps ?

Joël : Du dimanche au mercredi, on pratique la prière communautaire dans la petite chapelle, et on est nourri par les exhortations de mère Brigitte après la Parole.

Après les Laudes à 7 h 30, on s’occupe du jardin extérieur, jusqu’à 11 heures. L’après-midi, c’est le jardin intérieur dans la cellule : étude de la parole de Dieu avec les textes de l’exhortation. Nous avons ensuite une heure d’adoration, la lecture du chapitre 17 de Saint Jean, une exhortation par Amma, et la messe.

Le jeudi, chacun reste dans sa cellule sauf pendant le temps de travail. La prière se fait en cellule.

Le vendredi, et le samedi, on reste seul dans la cellule. On prie, et comme chacun a son propre jardin, on peut y travailler. On reste en silence, on médite le Saint Rosaire, et le Chemin de Croix.

Le samedi après-midi, nous avons l’adoration et la messe.

Le Lien : Vous travaillez dans les jardins. Comment trouver de l’eau ?

Joël : Aujourd’hui des citernes ont été installées et l’état libanais distribue l’eau ; mais on doit acheter des camions d’eau l’été surtout !

Le Lien : Comment résumeriez-vous cette retraite, que vous avez déjà faite trois fois ?

Joël : Il y a là-bas une force extraordinaire, un véritable charisme et beaucoup d’amour. Et sœur Laurence est étonnante par son sourire et ses chants inspirés pour le Bien aimé ! Les Oblats libanais sont formidables. Amma est notre mère spirituelle, et comme le dit mgr Mounir, elle fait penser à François de chasteuil ermite au Liban au début de ce siècle, et ce qu’on vit là-bas, on a envie de le partager, et j’y ai emmené avec moi une amie et un ami. Ce pays du Nord Liban est un lieu où souffle l’Esprit, et il a donné de nombreux saints extraordinaires comme Saint Charbel et sainte Rafka , saint Hardini et Stéphane Nehmé le bienheureux, tous voisins de la Laure Abana qui continuent à guérir et qui sont très vénérés.