La vie semi-érémitique

«L’adoration du Père dans la cellule intérieure», tel est notre charisme qui s’accomplit dans une vie «contemplactive».

Contrairement aux autres ordres religieux maronites, les ermites apôtres n’ont pas d’apostolat direct. Ou plus exactement, notre apostolat, c’est la prière.

«Contemplactif» ne signifie pas inactif; nous travaillons pour gagner notre vie. Ce travail se fait au sein de la Laure Abana. Par exemple, nous proposons l’hospitalité sacrée, l’accueil en retraite spirituelle.

Entre autres occupations, nous créons la «Marmite des ermites» qui présente les fruits de notre jardin à deux dimensions: extérieure (savon à l’huile d’olive, vente de nos fruits, élixirs de sauge ou d’autres herbes champêtres, tisanes, atelier de chapelets ou bracelets en noyaux d’olives), et intérieure (Collection Laure Abana- Notre Père: écrits spirituels ou audio de chants ou d’enseignements…)

Pourquoi ne faisons-nous ni apostolat ni action caritative?

Le seul but de la vie semi-érémitique est la recherche de Dieu. Cette recherche est possible parce que Dieu, qui nous cherche lui-même mais qui respecte notre liberté, la désire: nous sommes plus Cherchés…que chercheurs!

Dans le cas de la vie d’ermite apôtre, il s’agit d’une vocation particulière qui demande une purification de l’esprit et du cœur, une vie en esprit greffée sur l’Amour inconditionnel de Jésus-Christ, une certaine concentration sur cette recherche, limitant les autres activités, en imitation de Marie de Béthanie:
… un jour, Jésus entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Celle-ci avait une sœur appelée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit: "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui donc de m’aider." Mais le Seigneur lui répondit: "Marthe, Marthe, tu te soucies et t’agites pour beaucoup de choses; une seule est nécessaire. C’est Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée."
(Evangile de Luc, 10, 38-42)

Pour notre Mère l’Église, la vie semi-érémitique est la recherche de cet "unique nécessaire", une forme de vie chrétienne un peu originale mais valable et reconnue, surtout dans la précieuse Tradition syriaque: ermites assoiffés du Silence de solitude à la recherche du Dieu vivant, mais bouleversés aussi par la soif des jeunes en quête du sens de leur existence, ou par la difficulté de vivre de nos contemporains, taraudés comme Jésus- Christ par la soif de leur Salut et la compassion de Notre Père si Bon, nous devenons apôtres par le témoignage de notre vie cachée à l’écoute de Dieu et du pèlerin qui frappe, ou encore à travers le site internet de la Laure Abana, notre cœur habité par le désir de Dieu, et toujours mu par un unique amour ardent de Dieu et des hommes.

Cet appel apparemment déchirant -voir écartelant- plante la croix au cœur de notre vie. Mais cette croix chérie, à cause de celle de Jésus, est source de vie jaillissante et de joie purifiée pour nous, et pour ceux pour qui nous acceptons de «nous quitter nous-mêmes».

L’Esprit de vérité nous offre la croissance dans une métanoia -transformation- consentie jusqu’à ce que soit unifié en chacun de nous dans l’amour ce double courant vers Dieu et vers les hommes: notre vie silencieuse enfouie en Dieu devient alors sa Parole de surcroît.